Le blog/work in progress de l'écrivain Laurent Bourdelas

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lundi 15 octobre 2007

Bernard Laporte a perdu au rugby, mais pas d'argent...

Si vous passez par Saint-Julien-en-Genevois (Haute-Savoie), n'hésitez pas à vous rendre au casino. Tous les mardis soir, Bernard Laporte, futur secrétaire d'Etat à la jeunesse et aux sports, vous offre le champagne à discrétion, pour peu que vous dîniez au Safran, l'un des trois restaurants de l'établissement, arpentiez la piste de danse du Vega, ou, mieux encore, que vous dépensiez votre argent dans les 100 machines à sous. Il est généreux, le sélectionneur de l'équipe de France de rugby, tous ses amis vous le diront. Surtout le plus connu d'entre eux, Nicolas Sarkozy.

Bernard Laporte, donc, est "casinotier". Le 28 mars 2007, la société DB Conseils, immatriculée en juin 2006 à Paris, a racheté la licence d'exploitation du casino de Saint-Julien-en-Genevois - 73e au classement national des casinos, avec 34 000 euros de rentrées financières quotidiennes - au groupe Partouche, leader en France. Bernard Laporte est actionnaire à hauteur de 50 % de DB Conseils, l'ex-rugbyman Denis Charvet possède le reste. A eux deux, ils ont investi 5 millions d'euros dans le casino. Un prix d'ami ? "On ne communique pas sur les chiffres, indique Patrick Partouche, responsable du groupe Partouche. Mais Bernard Laporte est un petit propriétaire indépendant, qui s'est intéressé aux casinos avant que nous le connaissions."

Bernard Laporte et Isidore Partouche, le fondateur du groupe du même nom, se sont rencontrés au Stade de France, via Denis Charvet, au hasard d'un match de rugby. "On l'a initié au rugby", se rappelle le futur secrétaire d'Etat. Ils ont fini par faire affaire. "Je ne suis gérant de rien, précise le sélectionneur du XV de France. Je ne suis pas salarié, mais simple actionnaire. Je me suis désengagé, en quittant mon poste de président du conseil d'administration. Il n'y a rien de pervers là-dedans, le peu d'argent que j'ai gagné dans le rugby, j'ai cherché à l'investir. J'aime créer et entreprendre, c'est tout."

A 43 ans, ce Tarnais, parti de rien, a su gérer sa petite entreprise. Et le voilà sur le point de siéger au conseil des ministres, dès l'automne. Arnaud Montebourg, le député socialiste, s'en offusque. "Un casinotier ne peut vivre que d'autorisations ministérielles, pour obtenir le droit d'exploiter des machines à sous, proteste l'ancien porte-parole de Ségolène Royal. Ce n'est donc pas compatible avec des fonctions ministérielles, il y a un conflit d'intérêts."

UN POSTE INCOMPATIBLE AVEC UNE FONCTION MINISTÉRIELLE

C'est effectivement le ministère de l'intérieur qui gère ces autorisations accordées aux casinos, en fonction de critères bien précis. Côté législatif, rien n'interdit à un membre du gouvernement d'être actionnaire d'une société, fût-ce d'un casino. En revanche, selon l'article 23 de la Constitution, les fonctions de "membre du gouvernement" sont incompatibles avec "toute activité professionnelle". Pourtant, d'en haut, Nicolas Sarkozy donne l'exemple : devenu président de la République, il est toujours associé du cabinet d'avocats Arnaud Claude-Nicolas Sarkozy.

A Matignon, on indique que Bernard Laporte "a été informé des contraintes qui pèsent sur les membres du gouvernement, il devra s'être mis en conformité d'ici à octobre 2007." Roselyne Bachelot, sa future ministre de tutelle, ne s'inquiète pas : "Il y a des organismes qui vérifient ce genre de choses, dit-elle, le monde des casinos est un univers légal. Les procès qui lui sont faits, ce n'est pas mon affaire, j'attends surtout de lui ses qualités de meneur d'hommes, de sportif."

Denis Charvet, l'associé de Bernard Laporte, défend son ami : "Il a fait le ménage, il va se retirer de l'affaire, assure l'ancien centre international. Evidemment, ça fait des jaloux, mais peu de gens auraient réalisé le dixième de ce qu'il a fait. C'est fini, le mythe des mafieux, les RG contrôlent tout." Et puis, pour l'heure, le casino de Saint-Julien ne rapporte pas grand-chose, si l'on en croit son directeur, Patrick Péquiot : "On devrait accuser un déficit de 400 000 euros à la fin de l'année, pour un produit global brut de 12 millions d'euros."

"SES CONTRATS DE PUB S'ARRÊTERONT LE 21 OCTOBRE"

Pas de bénéfices immédiats à attendre, donc. Mais, de toute façon, Bernard Laporte l'assure, l'argent n'est pas son obsession : "Le fric n'a jamais été mon but dans la vie. Je gagne 7 500 euros mensuels comme sélectionneur, ça me suffit." Il paye l'impôt sur la fortune, "6 200 euros, je crois", s'est acquitté il y a deux ans d'un redressement fiscal, "environ 1 000 euros". Il a 17 contrats publicitaires, dont les jambons Madrange, qui rapportent à sa société BL Communication, gérée par sa mère, 600 000 euros annuels. "Il animait aussi chaque mois des séminaires pour des entreprises, raconte son agent, Serge Benaïm, pour 12 000 euros la séance. On a tout stoppé, et ses contrats de pub s'arrêteront le 21 octobre." Hormis la publicité pour Canicaf, qui court jusqu'en décembre 2007. On pourrait donc voir le visage d'un membre du gouvernement sur des boîtes d'aliments pour chiens...

Il sait bien que l'on glose sur ses relations avec Nicolas Sarkozy, rencontré à Arcachon, où Bernard Laporte a fait construire une maison. "Il était en vacances dans le coin, c'est Jacques Chancel qui me l'a présenté, raconte le rugbyman. Tout de suite, je l'ai admiré, il a une telle énergie, une vraie force de conviction. Et puis un jour, après un match de foot, il m'a dit : 'Tu ferais un bon ministre des sports.'" On connaît la suite.

DES SALLES DE JEU DANS LES LANDES

Sur la côte landaise, Bernard Laporte n'a pas que des amis. Son nom est aujourd'hui cité au coeur d'intrigues. Longtemps joueur pour Bègles-Bordeaux, il a investi son argent dans la région. Déjà, à l'époque, dans les casinos. Avec la société TSA Holding, associé avec deux anciens joueurs, William Techoueyres et Philippe Saint-André, il rachète des salles de jeu sans licence à Biscarrosse, Mimizan (Landes) et Lacanau (Gironde).

Gérard Davet

Article paru dans l'édition du Monde du 20.07.07.

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vendredi 12 octobre 2007

La lutte contre la pauvreté bat son plein...

Le groupe TF1 a décidé d'augmenter ses tarifs publicitaires pour la demi-finale de la Coupe du Monde de Rugby qui opposera samedi la France et l'Angleterre au Stade de France. Pour les demi-finales, "nous avions prévu à la base deux tarifs, un sans la France et un avec la France. Le tarif sans la France était de 72.000 euros et le tarif avec la France était de 120.000. Nous l'avons monté à 150.000", explique-t-on lundi à la régie de TF1, interrogé par l'AFP. En ce qui concerne, l'autre demi-finale, dans laquelle ne figure pas l'équipe des Bleus, les tarifs restent ce qui était prévu pour une rencontre en l'absence des Bleus, soit 72.000 euros pour un spot de 30 secondes. Pour la finale, le tarif prévu pour un spot publicitaire de 30 secondes est de 97.000 euros en cas d'absence des Bleus, de 204.800 euros s'ils arrivent en finale. TF1 compte en effet, sans grand risque, sur une audience encore supérieure pour la demi-finale France-Angleterre à celle du quart de finale de samedi dernier, qui avait réuni plus de 16,6 millions de téléspectateurs.

(Les Echos)

10 millions de personnes meurent de faim chaque année,

dont 6 millions d’enfants de moins de 5 ans.

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mardi 31 juillet 2007

A propos du dopage...

Travailler plus pour gagner plus :

Du Tour de France et autres choses

            Nicolas Sarkozy ne s’est pas trompé en allant suivre une étape du Tour de France et en rendant hommage à cette animation médiatique estivale. En effet, le Tour est emblématique de son slogan de campagne présidentielle : « Travailler plus pour gagner plus », qui a séduit une majorité d’électeurs. C’est vouloir généraliser le culte de la performance (et donc de la compétition) partout. C’est renouer plus subtilement avec Stakhanov, pour le plus grand bénéfice du capital et au détriment, parfois, de la vie même de ceux qui veulent ou doivent faire toujours plus.

            Les sportifs de haut niveau sont aujourd’hui des hommes sandwiches, grassement payés par la publicité ; c’est leur exposition (qui par définition n’est possible qu’avec la complicité intéressée des médias) qui leur garantit les meilleurs contrats et celle-ci est d’autant plus grande qu’elle repose sur des performances si possible spectaculaires : monter les cols à vélo comme en mobylette, vaincre l’épuisement des tournois de tennis ou de foot, soulever des poids de fonte énormes, nager vite, courir, sauter, etc. Au service du capitalisme, ils sont l’un des maillons de cette machine dévorante, tout comme les ouvriers fabriquant les produits qu’ils servent à faire vendre, fussent-ils fabriqués par des enfants du Tiers Monde ou par des employés du secteur automobile n’hésitant plus à se suicider sur leurs lieux de travail.

            Pour tenir le rythme, que l’on soit sportif, donc, ou cadre ou même conducteur de train aux rythmes infernaux, on est parfois obligé de se doper, de se droguer, quand il ne s’agit pas tout simplement de boire et/ou de fumer. Avec la complicité, sans doute, de l’entourage, familial et professionnel, de certains médecins prescripteurs et pharmaciens délivreurs – à moins que ce soit par automédicamentation, avec celle aussi des clubs sportifs (et cela dès le plus jeune âge). Bien sûr, certains tirent la sonnette d’alarme : médecins du travail qui constatent la dégradation de la santé physique et mentale de leurs patients, ou sociologues.

            Mais il y a peu de chance que ces absurdités s’arrêtent, car elles sont presque constitutives de la société d’aujourd’hui (des chanteurs, musiciens, raveurs, écrivains (depuis Sartre, Léo Malet…)… en passent aussi par là). Souvenez-vous : le souvenir des bords de Marne du Front Populaire, les 35 heures ? La faute originelle d’où venaient tous les maux du peuple et des patrons… Une demi-journée de loisirs et de repos en plus par semaine ? L’horreur absolue ! 

            Voilà l’avenir : toujours plus ! Toujours plus vite ! Plus fort ! Plus haut ! Jusqu’à crever.

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samedi 25 novembre 2006

Violence et football: 1 mort après un match du P.S.G.

"Nous voulons éradiquer la présence d'éléments racistes dans les stades et les tribunes, a déclaré Nicolas Sarkozy, Ministre de l'Intérieur. Nous ne voulons plus de racistes dans les stades, nous ne voulons plus de saluts nazis, plus de cris de singes quand des joueurs de couleur touchent le ballon". Il serait plus que temps!

Par ailleurs, on apprend qu'en prévision de la 15e journée du championnat de football de L1, 300 policiers et gendarmes, soient 80 policiers supplémentaires par rapport au dispositif initial, sont mobilisés sur le match à Nantes où les Canaris rencontrent le Paris SG dimanche...

J'avais déjà écrit tout le mal que je pensais des débordements footballistiques à l'occasion de la récente coupe du monde, expliquant qu'il s'agit en fait plus, désormais, d'un phénomène capitaliste (doublé de nationalisme), que d'un sport...

Voilà que surgit à nouveau, à l'occasion de ce triste évènement, la violence inhérente à ce sport (je n'ai jamais constaté une telle violence autour des salles où je pratiquais jadis le tennis de table...), dans les tribunes et autour des stades - une violence qui s'est développée ces 25 dernières années, singulièrement en Grande-Bretagne et en France, sans que rien de vraiment efficace ne soit fait dans notre pays. Bien entendu, la violence est inhérente au libéralisme économique et celui-ci joue à plein, comme on le sait, dans le football. Voici des années que des supporteurs du Paris Saint-Germain utilisent certaines tribunes pour faire de la propagande nazie et voici des années qu'ils ont accès au stade, et entretiennent des relations plus ou moins directes avec le P.S.G.; voici des années, sans doute que les Renseignements Généraux savent tout d'eux; voici des années que M.Sarkozy est Ministre de l'Intérieur, après d'autres qui, comme lui, n'ont rien fait, voici des années que cette insécutité raciste et antisémite est tolérée dans le pays de Maurice Papon... dans ce pays où Jean-Marie Le Pen engrange des scores de plus en plus importants, dans ce pays où certains ironisent sur le nombre de joueurs noirs dans l'Equipe de France.  "Voilà voilà que ça recommence", chante Rachid Taha.

Et si l'on interdisait le P.S.G. qui ne sait pas interdire la violence autour de ses matches? Et si tout élu proférant des propos racistes devenait inéligible à vie? Et si un footballeur touchait 2 500 euros par mois (ce qui serait finalement pas mal)?

Laurent Bourdelas

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