jeudi 8 octobre 2009
Un Frédéric Mitterrand convaincant
Mitterrand: «Une erreur sans doute, un crime non, une faute même pas»
Au cœur d'une violente polémique sur son livre, narrant un épisode sur le tourisme sexuel, le ministre de la Culture s'expliquait, ce jeudi soir, sur le plateau du JT de TF1.
LAURE EQUY et SYLVAIN MOUILLARD Liberation.frLes points sur les i sur sa «Mauvaise vie». Forcément tendu, Frédéric Mitterrand, invité sur le plateau du JT de TF1, s’est exprimé sur le livre – «ni un roman, ni des mémoires, il n’y a rien de marqué sur la couverture» –, qu’il a publié en 2005 et dans lequel il confesse ses amours tarifées avec des «garçons» en Thaïlande. Une explication très attendue, au terme d’une polémique qui a, ces dernières heures, rendu hystérique la classe politique.
Trois jours extrêmement éprouvants, confie le ministre de la Culture : «On m’avait dit que la politique était quelque chose de dur, je le constate aujourd’hui.» Il s’exprime clairement, coupe parfois Laurence Ferrari, hésite, reprend: «Excusez-moi, je suis ému, c’est normal. Je pense à mon honneur, à ma famille, à mes enfants, à ma mère.»
Retour à l’explication de texte. Un texte dont il dit : «C’est un récit car au fond, pour moi, c’est un tract. C’est une manière de raconter une vie qui ressemble à la mienne, à la vie de beaucoup d’autres gens.» Et des pages traversées de «beaucoup de violence, d’amertume et, je l’espère, de force.»
Si l’un des onze chapitres fait précisément le récit de «la traversée de cet enfer», le ministre tient à lever les ambiguités, insinuées, selon lui, dans certaines attaques : «En aucun cas», il ne s’agit de «l’apologie du tourisme sexuel ou de la pédophilie». «Je condamne absolument le tourisme sexuel qui est une honte et la pédophilie à laquelle je n’ai jamais participé», martèle-t-il.
A Laurence Ferrari qui lui demande s’il avait payé pour des relations sexuelles, lors d’un séjour en Thaïlande, il répond «ça m’est arrivé». S’empressant de préciser qu’il ne s’agissait jamais de mineurs: «Il est évident que vous reconnaissez un boxeur de 40 ans qui ne ressemble pas à un mineur». Il insiste: «Avec des gens de mon âge et qui étaient consentants.»
L’occasion, pour Frédéric Mitterrand, de dénoncer un «amalgame d’une totale injustice» dont il estime avoir été victime: «J’ai eu des relations avec des garçons, on le sait. Mais il ne faut pas confondre homosexualité et pédophilie.»
Interrogé sur d'éventuels regrets, il répond: «J'ai commis une erreur sans doute, un crime non, une faute même pas.»
Secoué par la charge lancée d’abord par le Front national, puis reprise par certains socialistes et, à mi-mots, par des élus UMP, Mitterrand fait valoir que Nicolas Sarkozy – qui, dans un entretien cet été, au Nouvel Obs, avait qualifié son ouvrage de «courageux et talentueux» – et François Fillon l’ont assuré de leur soutien. Le président qui l’a reçu dans la matinée, à l’Elysée, – «en audience, pas en urgence» – lui a «confirmé sa confiance». Et lui-même n’a pas songé à démissionner de la Rue de Valois, refusant d’«ajouter l’indignité à l’injustice du traitement qui [lui] est fait».
mercredi 30 septembre 2009
Contre la fin du Service Public, à La Poste et ailleurs
Je suis opposé à tout recul du Service Public, qui a contribué de nombreuses années, à partir du Front Populaire et de la Libération, à fonder l’exception française. J’étais, je demeure, opposé à l’ouverture du capital (comme on dit euphémistiquement), de France Télécom (y a-t-il un rapport avec les très nombreux suicides ?), EDF, GDF, La Poste. Si cela a déjà été fait, je souhaiterais qu’on l’annule. Je suis contre les multiples atteintes au Service Public de l’enseignement et soupçonne même certains de rêver d’en privatiser certains postes. Tout cela au détriment des élèves. Je suis favorable à un Etat présent dans l’économie, un Etat qui protège, limitant chaque fois que cela est possible les ravages sociaux et écologiques du libéralisme et je sais que ce n’est pas une utopie. Je suis pour que ceux qui pensent cela s’unissent.
Je suis un usager de La Poste de Pierrebuffière (Haute-Vienne), où le personnel est compétent, aimable, et fait ce qu’il peut... Mais les « moyens » dont il dispose ne sont pas à la hauteur : le grand guichet d’autrefois (qui permettait à plusieurs employés de travailler) a été remplacé par un unique guichet ne permettant la présence que d’une seule personne, débordée de travail par la gestion des comptes de la Banque Postale et de l’affranchissement, ce qui allonge considérablement les files d’attente à certains moments de la journée et de la semaine (il n’est pas rare d’attendre 20 minutes ou plus pour affranchir une lettre ordinaire). Dans ce bureau de Poste, pas une machine à affranchir (on préfère mettre en vente des « prêts à poster » plus chers), mais des tas de choses inutiles en vente : des livres et des DVD soldés, concurrençant les libraires et maisons de la presse, des boîtes à musique ( !), des peluches d’un parc animalier ! Le marketing est à l’oeuvre – il vise même les enfants ! Il ne reste plus qu’à vendre aussi des strings et installer des cabines d’essayage à la place des boîtes postales. Quant à mon courrier, je ne le reçois désormais qu’après 13h, à l’issue d’une très longue tournée, semble-t-il. Ce grand n’importe quoi, depuis longtemps dénoncé en France par les syndicats de professionnels et des usagers a conduit là où nous en sommes. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les perspectives sont inquiétantes si l’on ne se mobilise pas sérieusement !
Laurent Bourdelas
dimanche 20 septembre 2009
Uune conférence sur la démocratie organisée par le Cercle Gramsci
Débat public
Démocratie :
pour l’égalité politique absolue
la « démocratie participative » en question
avec
Patrick COULON
Co-auteur de « démocratie participative et transformation sociale » éditions Syllepse, Animateur de « Espaces-Marx ».
Jeudi 24 septembre à 20h30
Salle Blanqui annexe 3 (derrière la Mairie
Entrée libre
En France, après un formidable débat et le refus très majoritaire du traité constitutionnel, les classes dirigeantes font entériner peu après par le Parlement un traité reprenant l’esprit et la lettre du texte rejeté! De même aux Pays Bas et en Irlande. C’est la preuve que la démocratie – aujourd’hui – dérange.
L’irruption du terme même de « Démocratie participative » est l’indice d’une aspiration montante.
S’appuyant sur la révolution numérique, de nouveaux besoins démocratiques émergent. De nouveaux type de mouvements, certes encore embryonnaires, préfigurent t’ils les formes possibles de l’approfondissement des pratiques démocratiques, hors des sentiers battus et re-battus de la représentativité électorale et de la délégation des pouvoirs ?
La démocratie pour se défendre a besoin d’innovations radicales.
Cela fait maintenant près de 20 ans que différents dispositifs dits participatifs se sont mis en place dans nombre de pays. On peut dresser un rapide bilan et poser la question : la démocratie participative est-elle un instrument de gouvernance, un vecteur de modernisation de l’État, un nouveau pouvoir ?
Et si elle est entendue comme une pratique innovante de partage des pouvoirs, peut-elle être un levier à la hauteur des transformations sociales que notre temps exige ? Ses champs d’application peuvent ils s’étendre dans les entreprises, publiques ou privées ? Aux différents niveaux des pouvoirs locaux ? S’internationaliser ? Toucher à toutes les dimensions de la vie sociale et politique ? Permettre un dépassement du capitalisme ?…
Voilà des questions entre beaucoup d’autres que nous pourrons nous poser avec Patrick COULON, responsable de l’association ESPACES MARX.
mercredi 29 juillet 2009
Dans Libération, une tribune en faveur de Joachim Gatti
Par ZACHARIE BUKURU supérieur du monastère bénédictin de Buta (Burundi), ancien recteur du petit séminaire de Buta, JEAN-PIERRE CHRÉTIEN directeur de recherches émérite au CNRS
Le 8 juillet dernier, Joachim Gatti a perdu un œil durant une manifestation pacifique à Montreuil-sous-Bois, près de Paris.
Une dépêche étrangement «informée» de l’AFP le présente comme un jeune squatter violent, «tirant des projectiles sur les policiers». Nous connaissons Joachim Gatti depuis longtemps. Il n’est pas seulement le petit-fils du grand dramaturge Armand Gatti. Il a 34 ans, il est lui-même un créateur, un réalisateur de films. Il est surtout un homme de paix et de dialogue, lucide sur les dégâts de l’injustice et de la violence aveugle. Nous l’avons connu en 2001 et 2002 quand il a séjourné durant six mois au séminaire de Buta, en plein cœur du sud du Burundi, pour réaliser le film Magume («crise»).
Son projet n’était pas folklorique. Quelques années plus tôt, en 1997, au cours de la guerre civile qui déchirait ce pays, un groupe armé avait attaqué le séminaire et avait obligé les élèves à se répartir entre Tutsis et Hutus, les premiers devant être tués et les seconds enrôlés dans la rébellion.
Devant leur refus, les assaillants avaient massacré quarante jeunes séminaristes. Ces derniers sont vite apparus comme les martyrs d’une cause où l’amitié et la foi se rejoignaient. Buta est du coup devenu un haut lieu de la réconciliation.
Joachim Gatti conçut le tournage de son film comme un moment et un lieu de réflexion et de discussion entre les élèves hutus et tutsis de cet établissement, quatre ans après le drame. Les amenant à mettre sur la table leurs préjugés et leurs craintes concernant le passé et l’avenir de leur pays, en proie à des passions racistes développées autour du clivage dit «ethnique», il réalisa, en philosophe de formation qu’il est, un véritable travail de maïeutique, voire de thérapie de groupe. Le film reflète cette aventure intellectuelle et spirituelle extraordinaire.
Joachim Gatti n’est pas devenu soudainement un terroriste ou un voyou. Il n’a pas commis d’attentat, il n’a pas brûlé de voitures, il n’a pas non plus mis des ouvriers au chômage, ni fait la promotion de quelque négationnisme que ce soit, ni ouvert de compte dans un paradis fiscal. Et, jusqu’à plus ample informé, le droit de manifester en citoyen existe en France.
Cette affaire de droits de l’homme déborde largement les limites de la commune de Montreuil-sous-Bois. Après avoir œuvré dans un pays d’Afrique contre le sectarisme et la violence, pour l’ouverture d’esprit et pour le respect de l’Etat de droit, Joachim Gatti se trouve confronté à ces défis dans son propre pays. Les anciens élèves de Buta, apprenant ce qui vient de lui arriver, ont été stupéfaits.
Tous ses amis, en France et à l’étranger, veulent donc croire que les responsables de cette atteinte inouïe à son intégrité physique vont être rapidement identifiés et amenés à rendre compte de cet acte conformément à la loi. Cela relève d’une exigence à la fois morale et politique.
(1) Jean-Pierre Chrétien est coauteur avec Jean-François Dupaquier de Burundi 1972. Au bord des génocides, Karthala, 2007.
(2) Zacharie Bukuru est l’auteur de les Quarante Jeunes martyrs de Buta, Karthala, 2004.
mardi 14 juillet 2009
Question d'impôts
700 000 spectateurs pour le concert de Johnny Hallyday à Paris pour le 14 juillet 2009... Qui paie le cachet du chanteur? (Le site du Point parle d'un coût total estimé à 1,9 million d'euros) Je n'ose penser que c'est l'Etat, avec l'argent du contribuable qui, lui, au moins, règle ses impôts en France, contribuant ainsi aux dépenses de la Nation, comme celles en matière d'éducation, par exemple... Par ailleurs, Hallyday est-il revenu en France depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, qu'il avait soutenu aux présidentielles, et qui l'invite pour ce concert...?
Mais que se passe-t-il à Montreuil? (suite)
Plusieurs centaines de manifestants, qui s'étaient regroupés lundi en fin d'après-midi à Montreuil pour protester contre les "violences policières", ont affronté les forces de l'ordre pendant près d'une heure.
La manifestation a débuté vers 19H00 à la Croix de Chavaux, non loin de l'ancienne clinique radiologique près de laquelle un jeune homme a été blessé suite, d'après différents témoins présents au moment des faits, à un tir de flashball qui l'aurait atteint au visage, lors de l'expulsion de squatters.
Un premier face à face tendu s'est produit entre forces de l'ordre et manifestants, non loin de la mairie, durant lequel ces derniers ont tiré à l'aide de mortiers de feu d'artifices et de fusées en direction des gardes mobiles qui n'ont pas répliqué.
Dans un souci d'apaisement, les organisateurs de la manifestation ont cherché à modifier le parcours pour éviter que le face à face ne se prolonge, repartant vers la Croix de Chavaux. Un nouveau face à face s'est produit peu avant 21HOO au niveau du marché de la Croix de Chavaux, forces de l'ordre et manifestants se trouvant de part et d'autres.
Les forces de l'ordre ont alors chargé la queue de la manifestation, entraînant la réplique de nombreux manifestants par des jets de projectiles, de chaises et de peinture. Les gardes mobiles ont par la suite chargé à plusieurs reprises, faisant également usage de gaz lacrymogènes et procédant à diverses interpellations.
Peu avant la manifestation, Dominique Voynet, maire (Verts) de Montreuil, avait exprimé lors d'un point presse son espoir quant à "la discrétion et à la retenue des forces de l'ordre lors de cette manifestation". "La police doit avoir le comportement le plus exemplaire possible et le plus respectueux des droits et des libertés" a par ailleurs déclaré Mme Voynet, qui a tenu a préciser qu'il n'y avait "aucune volonté d'attaquer la police, simplement les comportements non acceptables et non acceptés par la hiérarchie".
Les manifestants protestaient contre l'expulsion mercredi de plusieurs squatters qui occupaient une ancienne clinique, au cours de laquelle un jeune homme affirme avoir perdu un oeil, à la suite d'un tir de flash-ball par les policiers.
Le Parti Socialiste a demandé lundi que l'Inspection générale des services (IGS) de la police et la Commission nationale de déontologie de la sécurité "puissent faire toute la lumière" sur ce "grave incident".
D'après la mairie de Montreuil, la victime, Joachim Gatti, fait partie du mouvement autonome qui dénonce notamment la cherté des loyers à Paris et dans certaines banlieues parisiennes.
[source: AFP]
Dominique Voynet a condamné l'intervention des forces de l'ordre...
L'ancienne dirigeante des Verts a estimé sur France Info qu'il s'agissait d'une "démonstration de force totalement inutile qui a généré à son tour le désordre" à la suite d'un ordre qui venait selon elle probablement "d'en haut".
La "manifestation dans laquelle la tension était palpable, dans laquelle aucune violence n'a été commise, a été dissoute assez violemment par les forces de l'ordre", a-t-elle déploré.
Un journaliste stagiaire du Monde qui couvrait le rassemblement a été placé en garde à vue pendant la nuit bien qu'ayant fait état de sa qualité, rapporte le quotidien mardi.
Des intermittents du spectacle avaient appelé à manifester lundi soir contre l'expulsion musclée le 8 juillet d'une quinzaine de squatters appartenant à des milieux artistiques d'une ancienne clinique de la ville de Seine-Saint-Denis.
Joachim Gatti, un réalisateur de 34 ans, affirme avoir été grièvement blessé à l'oeil par un tir de flash-ball lors d'une manifestation qui avait suivi cette expulsion.
Dans un communiqué, la Coordination des intermittents et précaires affirme qu'il s'agit de la quatrième personne à avoir perdu un oeil depuis le début de l'année à la suite d'un tir de cette nature.
"La dotation en flash-ball de la police a été appuyée par l'argument que ces armes seraient 'non létales' et que leur usage serait rigoureusement encadré. Les faits démontrent qu'il n'en est rien", écrit-elle.
Les autorités ont saisi pour leur part l'Inspection générale des services (IGS, la police des polices) de cette affaire.
Près de 300 personnes ont à nouveau manifesté lundi soir contre l'attitude des forces de l'ordre et des heurts se sont produits quand la police a voulu les disperser.
Dominique Voynet a souligné que les policiers ne s'étaient pas contenté de séparer les manifestants mais qu'ils avaient "plaqué violemment un bon nombre d'entre eux contre les murs" et "les ont frappés à coups de matraque" et "arrosés de gaz lacrymogène, devant des habitants de la ville totalement stupéfaits et effarés".
Le journaliste stagiaire du Monde raconte son interpellation dans le quotidien.
"La manifestation était en train de se disperser, j'ai soudain été plaqué au sol et j'ai entendu un policier dire: 'Toi aussi, tu viens avec nous'. Ils m'ont attaché les mains dans le dos. J'ai répété à plusieurs reprises que j'étais journaliste, mais ils n'écoutaient pas", déplore-t-il.
"Dans le fourgon, il y avait trois policiers qui traitaient les deux manifestants interpellés avec moi de 'sales gauchos'", ajoute-t-il.
Le journaliste a été relâché mardi à 06h30.
samedi 11 juillet 2009
Un message attristant de Stéphane Gatti à propos de Montreuil
"Le matin du mercredi 8 Juillet, la police avait vidé une clinique occupée dans le centre-ville. La clinique, en référence aux expériences venues d'Italie, avait pris la forme d'un "centro sociale" à la française : logements, projections de films, journal, défenses des sans papiers, repas... Tous ceux qui réfléchissent au vivre ensemble regardaient cette expérience avec tendresse. L'évacuation s'est faite sans violence. Les formidables moyens policiers déployés ont réglé la question en moins d'une heure. En traversant le marché le matin, j'avais remarqué leurs airs affairés et diligents.
Ceux qui s'étaient attaché à cette expérience et les résidents ont décidé pour protester contre l'expulsion d'organiser une gigantesque bouffe dans la rue piétonnière de Montreuil.
Trois immenses tables de gnocchi (au moins cinq mille) roulés dans la farine et fabriqués à la main attendaient d'être jetés dans le bouillon. Des casseroles de sauce tomate frémissaient. Ils avaient tendu des banderoles pour rebaptiser l'espace. Des images du front populaire ou des colonnes libertaires de la guerre d'Espagne se superposaient à cette fête parce que parfois les images font école. J'ai quitté cette fête à 20h en saluant Joachim.
A quelques mètres de là, c'était le dernier jour dans les locaux de la Parole errante à la Maison de l'arbre rue François Debergue, de notre exposition sur Mai 68. Depuis un an, elle accueille des pièces de théâtres, des projections de films, des réunions, La nuit sécuritaire, L'appel des Appels, des lectures, des présentations de livres... Ce jour-là, on fermait l'exposition avec une pièce d'Armand Gatti « L'homme seul » lu Pierre Vial de la Comédie Française et compagnon de longue date. Plusieurs versions de la vie d'un militant chinois s'y confrontent : celle de la femme, des enfants, du père, du lieutenant, du général, des camarades...
C'était une lecture de trois heures. Nous étions entourés par les journaux de Mai. D'un coup, des jeunes sont arrivés dans la salle, effrayés, ils venaient se cacher... ils sont repartis. On m'a appelé. Joachim est à l'hôpital à l'hôtel Dieu. Il était effectivement là. Il n'avait pas perdu conscience. Son visage était couvert de sang qui s'écoulait lentement comme s'il était devenu poreux. Dans un coin, l'interne de service m'a dit qu'il y avait peu de chance qu'il retrouve l'usage de son œil éclaté. Je dis éclaté parce que je l'apprendrais plus tard, il avait trois fractures au visage, le globe oculaire fendu en deux, la paupière arrachée...
Entre ces deux moments; celui où je l'ai quitté à la fête aux gnocchi et l'hôtel Dieu que s'était-il passé ? Il raconte : Il y a eu des feux d'artifice au dessus du marché. Nous nous y sommes rendus. Immédiatement, les policiers qui surveillaient depuis leur voiture se sont déployés devant. Une minute plus tard, alors que nous nous trouvions encore en face de la clinique, à la hauteur du marché couvert, les policiers qui marchaient à quelques mètres derrière nous, ont tiré sur notre groupe au moyen de leur flashball.
A ce moment-là je marchais et j'ai regardé en direction des policiers. J'ai senti un choc violent au niveau de mon œil droit. Sous la force de l'impact je suis tombé au sol. Des personnes m'ont aidé à me relever et m'ont soutenu jusqu'à ce que je m'assoie sur un trottoir dans la rue de Paris. Devant l'intensité de la douleur et des saignements des pompiers ont été appelés.
Il n'y a pas eu d'affrontement. Cinq personnes ont été touchés par ces tirs de flashball, tous au dessus de la taille. Il ne peut être question de bavures. Ils étaient une trentaine et n'étaient une menace pour personne. Les policiers tirent sur des images comme en témoigne le communiqué de l'AFP.
Un jeune homme d'une vingtaine d'années, qui occupait, avec d'autres personnes, un squat évacué mercredi à Montreuil (Seine-Saint-Denis), a perdu un œil après un affrontement avec la police, a-t-on appris de sources concordantes vendredi. Le jeune homme, Joachim Gatti, faisait partie d'un groupe d'une quinzaine de squatters qui avaient été expulsés mercredi matin des locaux d'une ancienne clinique. Ils avaient tenté de réinvestir les lieux un peu plus tard dans la soirée mais s'étaient heurtés aux forces de l'ordre. Les squatters avaient alors tiré des projectiles sur les policiers, qui avaient riposté en faisant usage de flashball, selon la préfecture, qui avait ordonné l'évacuation. Trois personnes avaient été arrêtées et un jeune homme avait été blessé à l'œil puis transporté dans un hôpital à Paris, selon la mairie, qui n'avait toutefois pas donné de précision sur l'état de gravité de la blessure."Nous avons bien eu connaissance qu'un jeune homme a perdu son œil mais pour le moment il n'y a pas de lien établi de manière certaine entre la perte de l'œil et le tir de flashball", a déclaré vendredi la préfecture à l'AFP.
(...) Faut-il rétablir la vérité sur l'identité de Joachim Gatti (...)?
Joachim n'a pas 20 ans mais 34 ans.
Il n'habitait pas au squat, mais il participait activement aux nombreuses activités de la clinique
Il est cameraman.
Il fabrique des expositions et réalise des films.
Le premier film qu'il a réalisé s'appelle « Magume ». Il l'a réalisé dans un séminaire au Burundi sur la question du génocide. Aujourd'hui, il participe à la réalisation d' un projet dans deux foyers Emmaüs dans un cadre collectif.
On devrait pouvoir réécrire le faux produit par l'AFP en leur réclamant de le publier. Il serait écrit :
Joachim Gatti, un réalisateur de 34 ans a reçu une balle de flashball en plein visage alors qu'il manifestait pour soutenir des squatteurs expulsés. Il a perdu un œil du fait de la brutalité policière." Stéphane Gatti
mercredi 8 juillet 2009
Non au travail le dimanche!
Monique Boulestin, députée (P.S.) de la Haute-Vienne, s'est opposée avec talent, à l'Assemblée Nationale, au projet U.M.P. de légalisation du travail dominical. Elle a eu raison! Dans ce blog consacré, pour l'essentiel, à la culture, je ne peux que réaffirmer que le dimanche doit être un temps de repos, dédié à la famille et/ou aux amis, aux activités culturelles, spirituelles et/ou associatives! Le temps des musées, des promenades, des visites, de la lecture... Et pourquoi pas aussi le temps du rien. C'est bien aussi, de ne rien faire et, pourquoi pas, de s'ennuyer un peu.
Le dimanche ne doit pas être récupéré par la marchandisation.
mardi 23 juin 2009
Frédéric Mitterrand nouveau Ministre de la Culture

J'avais tant aimé ses Lettres d'amour en Somalie... et bien d'autres choses de lui et chez lui, d'ailleurs, que j'avais rencontré il y a près de 25 ans au Royal Monceau, à Paris. J'ai de l'estime pour lui.
mardi 19 mai 2009
Editeurs "terroristes" (!): un communiqué du magazine Le Matricule des Anges
Consternant et inquiétant
Chers anges,
On a appris hier la mise en garde à vue de deux couples d'éditeurs que l'on connaît bien. L'arrestation a été menée par la police judiciaire de Marseille et les forces de l'anti-terrorisme. Il est vrai que François Bouchardeau qui dirigeait jusqu’à son récent dépôt de bilan HB éditions (avec sa femme arrêtée aussi) est un éditeur dangereux : il publie du roman, de la nouvelle. De même Samuel Autexier qui avec sa sœur ont dirigé un temps une collection chez Agone et publient la revue Marginales.
Ces quatre-là ont commis un crime très grave, susceptible de porter atteinte à la sûreté du pays : ils ont manifesté à Forcalquier (haut lieu du terrorisme) au sein du comité de sabotage de l'anti-terrorisme pour soutenir Julien Coupat (ancien directeur de la revue Tiqqun) détenu depuis novembre 2008 et présumé responsable d’avoir jeté des traverses sur une voie de TGV. (Lisez ici l’appel à la manifestation du 5 mai et voyez combien elle était une menace pour la société)
Aussi grotesque que soit cette arrestation (à laquelle fit suite celle d’un membre de la Ligue des Droits de l’Homme de Forcalquier), elle n’en demeure pas moins inquiétante. L’éditeur Éric Hazan avait eu droit lui aussi à un tel traitement de faveur pour avoir… publié un livre que les pandores soupçonnent d’avoir été écrit par Julien Coupat. On riait de voir les musclés de l’anti-terrorisme s’effrayer du nombre de livres saisis chez Julien Coupat. Aujourd’hui, il semblerait que pour les forces de l’ordre, une bibliothèque soit à elle seule une preuve accablante de l’appartenance de son propriétaire à un réseau terroriste.
La moindre des choses que nous pouvions faire était de vous tenir informés.
Dans quel pays vivons-nous où les auteurs et les éditeurs sont assimilés à des terroristes dès lors que les idées qu'ils professent ne conviennent pas à quelques-uns ? Dans quel pays vivons-nous où le moindre délit (ici : avoir photographié un élément de la maison secondaire du directeur central du renseignement intérieur Bernard Squarcini) vaut une garde à vue pouvant atteindre les 96 heures ? Dans quel pays vivrions-nous si nous ne réagissions pas à ça ?
http://www.lekti-ecriture.com/bloc-notes/
http://www.soutien11novembre.org/
>http://www.millebabords.org/spip.php?article11356
Un communiqué de la Ligue des Droits de l'Homme : http://www.millebabords.org/spip.php?article11361
http://www.wikio.fr/news/Francois+Bouchardeau
L’appel à la manifestation du 5 mai : http://nantes.indymedia.org/article/17104
