vendredi 12 juin 2009
Proudhon, à nouveau
Un texte on ne peut plus actuel, n'est-ce pas?
jeudi 30 avril 2009
Evènement à la Pochothèque! Hegel (re)traduit dans une édition magistrale
lundi 30 mars 2009
Laurent Bourdelas recommande la collection Philozidées (à partir de 7 ans) chez Nathan
jeudi 4 décembre 2008
Portraits de Maîtres, CNRS Editions
J'avais conseillé cet excellent livre dès sa parution. On y rencontre des familiers, comme Pierre Bergounioux, Gilbert Pons, Michel Boy, Luc de Goustine ou bien encore Marie-Noëlle Agniau... qui nous parlent de leur relation au maître de philosophie et comment celui-ci leur a fait découvrir cette belle discipline. Voici ce qu'en écrit aujourd'hui Robert Maggiori dans Libé.
La professeur de philosophie (et philosophe) Marie-Noëlle Agniau
"Mon prof, ce héros
ROBERT MAGGIORI Libération du 4 décembre 2008
Jean-Marc Joubert, Gilbert Pons (sous la direction de) Portraits de maîtres CNRS éditions, 396 pp., 25 euros.
Le physique compte, évidemment, comme compte la voix, comme compte ce je-ne-sais-quoi dans la prestance ou la façon de bouger qu’on nomme le charme et qui vous hypnotise. Gérard Granel avait une «charpente d’athlète grec» (Jean-Luc Nancy), la beauté, la force et la vulnérabilité de Marlon Brando, l’humour et l’élégance d’un Mastroianni, un rien de Bogart dans le regard ou dans la façon d’allumer ses cigarettes, «la silhouette de cow-boy d’un Burt Lancaster.» Figure mythique, il «faisait salle comble», bien sûr, et l’auditoire, à Bordeaux, à Aix, à l’université de Toulouse surtout, buvait ses paroles dans «un silence quasi religieux». Il a impressionné des générations d’étudiants. Mais serait-il devenu un Maître s’il n’avait eu que sa «phénoménale séducation» (Nicole Raymondis) ?
«Tintinnabulantes». Claude Bruaire ressemblait aussi à une star d’Hollywood - à John Wayne. Dans la toute jeune faculté de lettres et sciences humaines de Tours, était annoncée la nomination d’un nouveau maître de conférence : «Nous attendions une sorte de Petit Chose à grosse tête et lunettes, façon Sartre, et nous avons vu débarquer un grand Viking blond aux yeux noirs.» A «l’époque bénie de la liberté illimitée du boire, du fumer et du manger» (Dominique Folscheid), il allait avec ses étudiants célébrer les joies du bien-vivre, rendre honneur à l’andouillette et aux vins de Loire «dans les petits restaurants bordant le quartier des Halles». Mais le Bruaire simple et direct, «rustique», eût-il été surnommé «Le Maître» - «avec ce qu’il fallait de majuscules tintinnabulantes pour ennoblir un label aussi usagé» - si, «bête de scène», il n’avait mis son art au service d’un de «Sa Majesté Hegel», dont «à pleines lampées» il faisait absorber à ses auditeurs le «petit-lait» qui «rend plus intelligent» ?
Les professeurs de philosophie des lycées, des classes préparatoires ou des universités ne sont pas tous des John Wayne, des Monica Bellucci ou des Marlon Brando - ni tous des Petit Chose à lunettes, des grosses têtes bien pleines et mal faites, des «monstres spéculatifs», timides, cassants, hors du monde, psychorigides, des Socrate laids ou bourrus, à la voix fluette et à l’élocution empêtrée. Mais qu’est-ce qui fait que l’un(e) ou l’autre accède au statut de «Maître», de personne qui par sa façon d’être et d’enseigner devient le point de référence à partir duquel un élève ou un étudiant se détermine, décide de sa vocation, de son style de vie, de sa profession, parfois de sa morale, de ses options théoriques, politiques, religieuses ou esthétiques ? On trouvera des réponses, très variées, dans Portraits de maîtres - Les profs de philo vus par leurs élèves.
Les femmes philosophes sont ici très minoritaires (Nelly Viallaneix, Sarah Kofman, Christiane Menasseyre), et quasiment incompréhensible est l’absence, juste pour citer quelques noms, de Foucault, Lacan, Badiou, Althusser, Châtelet, Serres, Bouveresse, Lévi-Strauss… Reste que c’est une belle idée qu’ont réalisée Jean-Marc Joubert et Gilbert Pons. On découvre en effet avec une certaine émotion la façon dont des philosophes qu’on connaît par leurs œuvres - Derrida, Deleuze, Levinas, Jankélévitch, Desanti, Dagognet, Canguilhem, Grimaldi… - étaient dans leur classe ou leur amphi, ce qu’ils avaient de particulier pour pouvoir transmettre dans la fascination leurs savoirs ou leurs méthodes, et devenir des «exemples». Egalement l’influence «souterraine» exercée par des philosophes restés prioritairement des professeurs (et donc moins connus hors de l’institution : Claude Tresmontant, Michel Alexandre, André Pessel, Raymond Polin, Etienne Borne, Michel Haar…). Et, surtout, les mille modes, chez les «disciples», dont on utilise l’«héritage» (mais tous les élèves ne sont pas devenus des philosophes ni des professeurs).
«On m’a volé ma valise».Certains sont imprégnés de la pensée du maître, et écrivent comme lui, d’autres l’évoquent de façon délicieusement surannée, d’autres retiennent une personnalité, une phrase, un geste, une méthode de lecture, une attitude, un conseil déterminant. Ainsi Alain Roger, enclin à abandonner la philosophie pour le cyclisme, qui se ravise, changeant ainsi toute l’orientation de sa vie, lorsque Gilles Deleuze, son prof, le somme de «commencer par les Entretiens d’Epitète», de poursuivre «par l’appendice de la Première Partie de l’Ethique de Spinoza», de terminer par la première dissertation de la Généalogie de la morale de Nietzsche, et de chercher «le centre de gravité de ce triangle». Deleuze enseignait alors dans l’hypokhâgne du lycée Pothier, à Orléans. «Ses cours étaient très ardus… En même temps, il était désopilant […]. Il arrivait, distant, impeccablement vêtu, costume sombre, chemise blanche, cravate noire. Il tenait, du bout de ses longs doigts, une petite serviette usagée, qu’il n’ouvrait presque jamais […]. La séance débutait ordinairement par une histoire drôle […]. Je me rappelle celle-ci : "On m’a volé ma valise… Une affreuse méprise… Dans la navette des Aubrais… Alors j’arrive à l’hôtel, j’ouvre ma valise et qu’est-ce que je trouve ? Des Colgate et des Palmolive, tout ça… Un représentant de commerce… Je le revois, si pressé… Un gros monsieur… Un Belge… J’en suis malade… Comment voulez-vous que je fasse ma classe avec des dentifrices et des mousses à raser ?"»
dimanche 9 novembre 2008
Laurent Bourdelas recommande "Portraits de maîtres" (Les profs de philo vus par leurs élèves)
samedi 25 octobre 2008
Marie-Noëlle Agniau dans un nouveau livre...
| |||||
| |||||
mardi 23 septembre 2008
La poète et philosophe Marie-Noëlle Agniau à Page & Plume Limoges le 27 septembre à 15h
Marie-Noëlle Agniau, qui vit dans la campagne limousine et enseigne la philosophie à Limoges, rencontrera ses lecteurs samedi après-midi et signera ses deux derniers ouvrages, parus aux Editions L'Harmattan (Paris) cette année. Dans Méditations du temps présent, La philosophie à l'épreuve du quotidien (2), suite d'un 1er volume publié en 2005, elle propose une réflexion à partir des expériences quotidiennes qui sont les nôtres mais dont le rythme trop souvent nous emporte. Une manière d'affirmer que la philosophie n'est pas une chose abstraite et séparée du monde et qu'elle concerne quiconque prend le temps et la peine de donner un sens à ce qu'il fait et éprouve. En cela la démarche proposée est celle d'une promenade sigulière à travers les concepts et ce qui fut vécu, ici et là. Elle vise le dialogue et la possibilité pour chacun de se reconnaître dans l'invitation de Socrate: la vie vaut la peine d'être vécue comme elle vaut la peine d'être méditée. L'épreuve sera de nous étonner encore de ce qui nous arrive, bon gré mal gré. Cet ouvrage paru dans la collection "Ouverture philosophique" - qui se propose d'accueillir des travaux originaux sans exclusive d'écoles ou de thématiques -, est par ailleurs écrit dans une langue claire qui le rend accessible même aux non spécialistes.
Par ailleurs, Marie-Noëlle Agniau signera son recueil La Tactique des Anges, livre de poèmes courts et signifiants très largement salué par la critique et lu par l'auteur et Michel Bruzat au théâtre de La Passerelle à Limoges en juin dernier, dans le cadre du festival Figures d'écrivains. Cette signature bénéficie du label national du Printemps des Poètes.













