Le blog/work in progress de l'écrivain Laurent Bourdelas

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dimanche 31 mai 2009

J'ai vu le nouveau spectacle (un polar théâtral) de Franck Villemaud

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L'originalité de l'intrigue (un cluedo théâtral) est indiquée par le titre: Une chance sur combien? Oui, combien y a-t-il de chances pour que le véritable coupable d'un crime soit non pas sur le banc de l'accusé, mais parmi les membres du jury? Franck Villemaud, que l'on connaissait déjà comme un écrivain sensible, se révèle ici être un émule des maîtres du polar, en littérature comme au cinéma. Il y a sans doute du Hitchkock chez cet homme-là! Et même de l'Agatha Christie. Sa pièce, interprétée (de manière inégale) par des comédiens amateurs (on retient particulièrement le jeu de Karine Boyer), est exotique: en effet, habitués que nous sommes à toujours lire des aventures se passant aux Etats-Unis ou à Paris, on s'amuse à la voir situer à... Limoges! (avec, en prime, un acteur à l'accent limousin à couper au couteau interprétant un retraité de la SNCF). C'est d'ailleurs sans doute le premier texte littéraire à faire allusion à un pharmacien d'extrème-droite bien connu et peu aimé d'une population votant depuis longtemps majoritairement pour les socialistes. L'histoire est celle de Stanislas Goldberg, gérant de bar-tabac et ancien moniteur de tennis, assassiné à son domicile, retrouvé nu avec une robe d'enfant enfoncée dans la gorge... de sa liaison avec une pré-adolescente de bonne famille qui étouffait chez elle et s'est laissée séduire, comme d'autres... C'est elle qui est accusée et que les membres du jury doivent juger "en leur âme et conscience". Franck Villemaud s'y connait en films de tribunaux où l'on voit délibérer les jurés... (mais je n'ai pas saisi toutes les références à la télévision). Les siens échangent leurs convictions, s'affrontent (parfois même avec beaucoup de vulgarité), doutent. La vérité qu'ils finiront par apprendre n'étant pas celle à laquelle ils croyaient. La comédienne que j'ai le plus appréciée n'était pas sur scène: elle disait un texte subtil (le meilleur), tout en nuances, aidant même à comprendre celui que d'autres qualifieraient de "monstre" - c'était la "voix" qui interprétait l'accusée, la voix de Karine Boyer, que j'apprécie vraiment. Rien d'étonnant à ce que ce texte soit accompagné par la troublante Tori Amos, n'est-ce pas? Le public, nombreux, a apprécié.

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Les animaux du monde, un inédit de Laurent Bourdelas

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          A l’école de la Monnaie, construite à Limoges au 19ème siècle dans le quartier d’enfance que j’eus en partage avec l’écrivain Georges-Emmanuel Clancier, le maître en blouse noire invita un jour un montreur de serpent. Celui-ci s’enroulait autour de son bras, et même autour de ceux des plus courageux d’entre nous. Je me contentai de le caresser sans sympathie particulière, mais rapportai avec fierté cet acte de bravoure à mes parents. Néanmoins, je vérifiais plusieurs jours durant si un reptile n’était pas dissimulé au fond de la cuvette des toilettes, risquant me mordre les fesses au moment où je m’asseyais. Des serpents, il y en avait plein les fascicules consacrés aux animaux que mon père achetait pour moi chaque semaine au bureau de tabac. La collection s’appelait La Faune et il l’assembla au fur et à mesure en commandant les reliures en cuir qui sont toujours bien droites au bas de l’une de mes bibliothèques. Il y avait une reliure par continent. En fait, les bêtes que je préférais à l’époque étaient celles du générique des Animaux du monde de François de La Grange ou du Livre de la Jungle que mon père m’avait amené voir au cinéma. L’amateur de jazz qu’il était ne pouvait que s’amuser à voir des singes danser sur une bande son de Louis Prima. J’allais moi-même devenir par la suite un alligator – c’est-à-dire un fan de jazz... Plus tard, nous irions passer une journée au zoo de Vincennes avec maman, restant de longs moments à regarder évoluer les chimpanzés ou les otaries, et il y aurait La Complainte du phoque en Alaska chantée par les québécois Beau Dommage, « ça fait rire les enfants, ça dure jamais longtemps quand les enfants sont grands... ça vaut pas la peine de laisser ceux qu’on aime pour aller faire tourner des ballons sur son nez ».

            Dans mes Fables de La Fontaine, des grenouilles croisaient des rats, des loups, des cigognes, des moutons, et des petits poissons fréquentaient des corbeaux et des renards. « Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute ? » La Chèvre de Monsieur Seguin se battait toute la nuit pour se faire dévorer au petit matin et le loup attendait benoîtement Le petit chaperon rouge et ses pots de confiture, car Bruno Bettelheim n’était encore personne pour moi.

            A la télévision (un gros coffre qui diffusait des images en noir et blanc), il y avait l’escargot jaune et rouge, le lapin à lunettes, le chien Pollux (qui ressemblait un peu à Michel Polnareff avec ses longs cheveux jaunes), et puis la vache à chapeau bleu du Manège enchanté ou les oies portant foulards à pois Aglaé et Sidonie : « A tous les enfants qui sont obéissants, nous allons dire au revoir en passant. ». Je regardais Saturnin le canard couché sur sa chaise longue sous un parasol et je trouvais ça normal. « Approchez, tous les amis, les grands et les petits... Voici venir votre ami Saturnin. » Il y avait encore La Maison de Toutou et surtout, il y eut Belle et Sébastien. Medhi, le petit garçon et son gros chien blanc, dans le feuilleton de Cécile Aubry. Gilles Dreu, un grand type chevelu et moustachu, chantait Alouette. « Un jour peut-être on sera heureux... » fredonnait-il. C’était en 1968. Je ne tarderais pas à voir Leny Escudero clamer son Cancre sur scène. C’était un temps où Le Lion de Joseph Kessel ressemblait à celui de la série Daktari, sur le dos duquel se promenait en souriant l’actrice Cheryl Miller.

            C’était pour moi un temps de crêpes au Croisic et de ballon envolé à Argelès que mon père n’arriva jamais à rattraper. Un temps de neige douce tombant sur Strasbourg un soir de Noël. Un temps de cure à La Bourboule et d’églises sales suintant la pisse et le fascisme en Espagne. Un temps de drapeau rouge sur la gare de Limoges. Un temps Alouette, alouette. C’était le temps de mon manège enchanté, qui s’est enroulé autour de mon bras comme le serpent de l’école. Il a grandi, grandi, jusqu’à occuper tout le centre de ma maison, et le monde entier est plein de mon serpent.

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La Pentecôte 2009 à La Roche L'Abeille (Limousin)

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samedi 30 mai 2009

Olivier Bailly nous invite à fêter son livre sur Bob Giraud à Paris

Bonjour à tous


Je serai présent (ainsi que l'esprit de Robert Giraud, j'espère)


le 3 juin à partir de 19h

à la librairie L'arbre à Lettres Denfert Rochereau au 14 de la rue Boulard à Paris 14ème

(détails ici : http://www.arbrealettres.com/)


pour une rencontre autour de


Monsieur Bob (Giraud) et du Vin des rues

http://robertgiraud.blog.lemonde.fr

Qu'on se le dise et qu'on fasse passer le message

A jeudi !

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A la tienne, Bob! A la tienne, Olivier! (Au 7 à Vin, dans le 7ème)


 

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Une Chance sur combien? ... A Limoges.

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Entrées :

6 € / 3 €

Contact et réservations :

06 72 61 59 15

franck_villemaud@yahoo.fr

(Tarif réduit : étudiants, scolaires, demandeurs d'emploi, intermittents du spectacle)

Un polar théâtral de Franck Villemaud

UNE CHANCE SUR COMBIEN ?

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Laurent Bourdelas est encore dans la lune grâce à Omnibus

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vendredi 29 mai 2009

L'adaptation de "Paradis à perdre" de Muriel Mingau au Centre culturel Jean Gagnant de Limoges

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Mauricette Touyéras et Sara Villeneuve prêtent leurs voix (en off pour la première) au texte d'écorchée vive qu'est Muriel Mingau - texte dont j'ai déjà rendu compte ici, paru au Bruit des Autres. L'adaptation est faite (et c'est le meilleur parti pris) avec sobriété, y compris dans les sons et les projections proposés par Marc Roques; ici, la sève, le sang, la rage, la vie, ici un océan imaginé, à traverser, un ciel ou une planète sens dessus dessous... La belle et sensible Sara Villeneuve interprète la détresse de l'étranger face au racisme, à l'indifférence, à la vie impersonnelle des villes. Elle met son corps tout entier au service de la poésie révoltée de l'auteur... jusqu'à l'accomplissement sensuel final: se lover (s'aimer?), accepter le simple don. Un beau moment, fort, qui donne envie de leur dire: "Dieu te bénisse, ma fille!", comme l'un des personnages rencontrés au détour du spectacle.

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La vie telle qu'elle va ces jours-ci...

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Je viens d'achever "Le Roi de la vallée"

J'ai regroupé certains des textes inspirés par mon enfance et son époque publiés dans des publications dispersées, j'en ai écrit d'autres, dans un petit livre qui me plait assez. A suivre, donc...

Posté par Lesquelen à 08:42 - culture et littérature - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 28 mai 2009

Lorsque je découvrais les joies de la Méditerranée avec mes parents...

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Années 60: Laurent Bourdelas apprend à nager avec Françoise Vinoy-Bourdelas et son père Jean-Marie, quelque part en Catalogne française.

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