mardi 31 mars 2009
Joseph Rouffanche lu par Gilles Lades
C’est un autre Joseph Rouffanche que nous dévoile En laisse dinfini. Auparavant, la force voulait assumer tout l’homme ; la jubilation parvenait à juguler la nostalgie. Ici, l’ouvrier du vers fait place au pèlerin de soi-même : recueillir, examiner, célébrer, mais célébrer sans faste, avec de la piété pour la chose naguère rencontrée, qui a fait demeure dans l’esprit, et signifie définitivement :
« La rivière était basse et saintement coulait ».
Beaucoup de poèmes, d’étendue modique, prennent le parti d’une humble récolte, mais sur le fil du plus précieux :
« Bruits de passereaux ».
les fontaines
Recueillir le sel des jours ne va pourtant pas de soi. Un doute brutal assaille le poète :
« Que va-t-il devenir dessaisi de mémoire ? »
..........
« Interdit pour jamais l’accostage d’Éden. »
Et même : « C’est devenu ce rien ». Pourtant le regard se relève vers « le cher gris à jour de nos ciels ». Chemin faisant, les choses, d’instinct, rejoignent leur double infini ; telle plainte précise d’oiseau devient la voix intérieure. La vie, parcourue du côté du silence, devient un hymne spirituel à l’invisible :
« Dans un pré sans personne ».
rejoindre la tendresse
en habit de merveille
Gilles Lades
in revue Friches, n° 73, hiver 2000-2001.
Rediffusion d'un entretien de Laurent Bourdelas avec Pierre Bergounioux (2008)
Pierre Bergounioux et son épouse photographiés à Faux-la-Montagne par Laurent Bourdelas
Mercredi 1er avril 2009 à 11h30 en direct (redif. samedi 11h30)
à écouter mercredi en direct sur: http://www.rcf.fr
(cliquer sur Limoges - écouter en direct - léger décalage)
Début des années 70, à la "baignade" de Bugeat, en Corrèze
Laurent Bourdelas et son camarade Jean-Pierre P.
Appel pour un hommage officiel au poète Joseph Rouffanche
Madame le Préfet du Limousin,
Monsieur le Directeur des Affaires Culturelles du Limousin,
Monsieur le Président du Conseil régional du Limousin, Député européen,
Madame la Présidente du Conseil général de la Haute-Vienne, Députée de la Haute-Vienne,
Monsieur le Député-Maire de Limoges,
Madame la Députée – 1ère adjointe au Maire de Limoges,
Monsieur le Président du Centre Régional du Livre en Limousin,
Le 30 mars 2009
Le poète Joseph Rouffanche est né en 1922 ; ancien professeur de lettres à Limoges, il est docteur d’Etat. Publié par Seghers et Rougerie, salué par les Grands (Bachelard, Clancier, Soupault, etc.), il a été couronné par les Prix Saint-Pol Roux, Anne Van-Qui et surtout Mallarmé, en 1984 pour Où va la mort des jours. Il a fait le choix de demeurer au Mas Loge, à Landouge (Limoges).
Ces dernières années, diverses publications lui ont rendu hommage : celles des Actes de colloques organisés à l’Université de Bordeaux par son fidèle ancien élève Gérard Peylet ; l’Abécédaire de la littérature du Limousin de Laurent Bourdelas (2008); un article de Jean-Pierre Thuillat dans Balade en Limousin- Sur les pas des écrivains (2009). Dans celui-ci, le directeur de la revue Friches écrit notamment : « Nous sommes un certain nombre à penser que l’heure serait (...) venue de l’en faire sortir [de sa retraite] pour un couronnement mérité et un grand salut au poète octogénaire. »
Oui, le temps est venu, oui, de rendre maintenant cet hommage éclatant à celui qui écrivit dans En progrès d’ombre (Rougerie): « Il va surgir à l’improviste/le Déchirant... »
Mesdames, Messieurs, nous nous permettons de vous écrire pour vous demander que cet hommage officiel, nécessaire, qui pourrait être multiple et donner à entendre son Verbe, soit rendu à Joseph Rouffanche. Certains d’entre nous se tiennent au besoin à votre disposition pour y contribuer.
Dans l’espoir d’une réponse positive, nous vous prions de croire, Mesdames, Messieurs, en l’assurance de notre considération distinguée.
Liste alphabétique des 1ers signataires
Marie-Noëlle Agniau, poète, professeur de philosophie (87, Vicq-sur-Breuilh).
Hugues Bachelot, auteur, président de l’Association des lecteurs de Marcel Jouhandeau et les Amis de Chaminadour (23, Guéret).
Polo Barillier, agitateur culturel (87, Limoges).
Frédéric Bazin, Librairie ancienne Livresse (87, Crézin).
Gilbert Beaubatie, président de la Société des Lettres, Sciences et Arts de la Corrèze (19, Tulle).
Pierre Bergounioux, écrivain (91, Gif-sur-Yvette).
Jean-François Biardeaud, docteur d’Etat, professeur agrégé (87, Limoges).
Michel Bruzat, metteur en scène (87, Limoges).
Laurent Bourdelas, écrivain, critique, professeur d’histoire, ancien directeur de revues (87, Vicq-sur-Breuilh).
Françoise et Jean-Marie Bourdelas, L’Indicible frontière (87, Limoges).
Michel Boy, professeur honoraire de philosophie en classes préparatoires (87 Limoges).
Claude Caillon, enseignante, future ex déléguée éducation et cultures FOL 87.
Georges Chatain, écrivain, journaliste (36, Le Menoux).
Georges-Emmanuel Clancier, poète et écrivain (75, Paris) : « Je souhaite qu’un hommage officiel soit rendu dès que possible à notre compatriote, l’excellent poète Joseph Rouffanche. »
Cyril Cogneras, conseiller municipal (Vert) de Limoges (87, Limoges).
Chloé Conant, maître de Conférences en Lettres à l'Université de Limoges (87, Limoges).
Michel Cosem, écrivain, poète, éditeur, directeur d’Encres vives (31, Colomiers).
Josyane de Jesus-Bergey, poète franco-portugaise (17 Aytre).
Christian Dufour, professeur et auteur (87, Limoges).
André Duprat, poète (87, Saint-Junien).
Max Eyrolle, directeur du Théâtre Expression 7, Limoges (87, Limoges).
Guy Ferdinande, poète, dessinateur, directeur de la revue Comme un terrier dans l’igloo (59, Lonpret).
Pierrette Fleutiaux, écrivain (75, Paris).
Gérard Frugier, poète (87, Limoges).
Jean-Paul Gavard-Perret, écrivain, docteur en littérature, enseignant la communication à l’Université de Savoie (Chambéry), membre du Centre de Recherche Imaginaire et Création.
Michel Genet, professeur de lettres (87, Saint-Junien).
Corinne Géraud, assistante sociale, ex-membre du Comité de lecture de L’Indicible frontière (87 260 Saint-Jean-Ligoure).
I.P.N.S., le Journal du Plateau (de Millevaches) – (23, Faux-la-Montagne).
Alain Lacouchie, poète, plasticien (87, Bosmie-L’Aiguille).
Henri-louis Lacouchie directeur honoraire des centres culturels de Limoges, peintre (87, Limoges).
Gérard Laplace, écrivain, animateur de A pierre vue (23, La Souterraine).
Michelle Léonard, Université « Culture et Loisirs » de Limoges et du Limousin (87, Limoges).
Maryse Malabou, professeur honoraire (87, Limoges).
Jacques Migozzi, Professeur de littérature française à l'Université de Limoges, Doyen de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Limoges (87, Rilhac-Rancon).
Mwénè Gabriel Okoundji, poète, psychologue clinicien des hôpitaux et chargé d’enseignement aux Universités Victor Ségalène (Bordeaux II) et Michel-de-Montaigne(Bordeaux III) (33, Bordeaux).
Sandro Pécout, poète, comédien (87, Isle).
Gérard Peylet, Professeur à l’université de Bordeaux 3 (33, Bordeaux).
Alain Roquejoffre, sociologue (87, Limoges).
Jean-Pierre Siméon, poète, directeur artistique du Printemps des Poètes (63, Clermont-Ferrand).
Jean-Pierre Thuillat, poète, directeur de la revue Friches (87, Saint-Yrieix-La-Perche).
Serge Vacher, écrivain, directeur de La Vache qui lit, enseignant (87, Limoges).
lundi 30 mars 2009
Corrèze, années 60, Françoise et Laurent Bourdelas...
"Moi seul ai su que, dans ta chair soyeuse, tes ossements sont en cristal de roche, mais je verrai entre les pétales rouges passer ton âme sous tes plaies."
Jean Grosjean, Elégies, Poésie/Gallimard.
Laurent Bourdelas recommande la collection Philozidées (à partir de 7 ans) chez Nathan
dimanche 29 mars 2009
Je serai à l'inauguration de la statue du Général Dumas à Paris
GRAND RASSEMBLEMENT POPULAIRE ET HISTORIQUE POUR REHABILITER LE HEROS AFRO - ANTILLAIS DUMAS SAMEDI 4 AVRIL 2009 A PARTIR DE 11 H, PLACE DU GENERAL-CATROUX, PARIS 17e METRO MALESHERBES, INAUGURATION OFFICIELLE DU MONUMENT AU PREMIER GENERAL AFRO-ANTILLAIS DE L’OCCIDENT : DUMAS, NE ESCLAVE, VICTIME DU RACISME, FIGURE EMBLEMATIQUE DES DESCENDANTS D’ESCLAVES.

Le général Dumas est né esclave à Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti) en 1762, fils d’une esclave d’origine africaine et d’un colon venu de Normandie. Arrivé très jeune en France, il s’engagea à Verdun dans la cavalerie sous le pseudonyme d’Alexandre Dumas et il rencontra trois camarades : Piston, Espagne et Carrière de Beaumont. Leurs aventures préfigurent le célèbre roman les Trois Mousquetaires. Le dragon Alexandre Dumas, arrivé sans papiers, se maria à Villers-Cotterêts avec la fille d’un aubergiste et devint le héros local. En 1793, il fut le premier Afro-Antillais de l’histoire de l’Occident à accéder au grade de général d’armée À la tête de l’armée des Alpes, entouré de ses trois compagnons, il fonda les Chasseurs alpins et emporta avec éclat les points stratégiques du Petit-Saint-Bernard et du Mont Cenis. Nommé commandant de l’armée de l’Ouest, il démissionna avec honneur et, risqua sa tête, pour ne pas participer au massacre des civils de Vendée. Servant ensuite sous les ordres de Bonaparte, ce fervent républicain devint un héros de la campagne d’Italie et de la campagne d’Égypte avant de prendre ses distances avec son chef et d’échouer pendant deux ans dans les geôles du roi de Naples.

Bonaparte rétablissant l’esclavage en 1802 appliqua à Dumas la réglementation raciste sur les militaires « de couleur » et le chassa de l’armée, refusant de l’intégrer dans l’ordre national de la Légion d’honneur dont Dumas était membre de droit. Il en mourut de chagrin en 1806 à Villers-Cotterêts, laissant un fils orphelin et sans ressources qui, reprenant ce même pseudonyme d’Alexandre Dumas, devait l’immortaliser grâce à la littérature. Le fils de l’écrivain, auteur lui aussi signa de ce même pseudonyme La dame aux camélias.
Un comité, mené par le grand chancelier de la Légion d’honneur, fut formé en 1895 pour ériger une statue à la mémoire du général Dumas. Cette statue fut installée en 1912-1913, formant triangle avec la statue d’Alexandre Dumas par Gustave Doré (1883) et celle d’Alexandre Dumas fils par René de Saint-Marceaux (1906) mais, jamais inaugurée, elle fut abattue en 1943 par les collaborateurs à la demande des occupants nazis.
Après 7 ans de lutte, l’association des amis du général Dumas, fondée par l’écrivain Claude Ribbe, biographe et défenseur du général afro-antillais Dumas, père du célèbre auteur, a enfin obtenu de la ville de Paris un monument en remplacement d’une statue que les nazis et collaborateurs détruisirent en 1943.
Ce monument représentant des fers d’esclave gigantesques (plusieurs tonnes, 5 mètres de haut) sera inauguré en présence de Bertrand Delanoë et de nombreuses personnalités –artistes, sportifs, élus - le samedi 4 avril à 11 heures avec la participation de la garde républicaine de Paris. La journée se prolongera par une partie festive. Le président Obama, de passage en France, a été invité à se joindre à nous en ce jour anniversaire de l’assassinat de Martin Luther King.
GRAND RASSEMBLEMENT HISTORIQUE POUR LE HEROS AFRO- ANTILLAIS DUMAS SAMEDI 4 AVRIL 2009 À PARTIR DE 11 H PLACE DU GENERAL-CATROUX PARIS 17e METRO MALESHERBES
Les amis du général Dumas generaldumas@aliceadsl.fr
Laurent Bourdelas recommande le livre de Gregorio Meseguer
J'avais eu le plaisir de découvrir cet intéressant et émouvant témoignage avant qu'il soit publié aux Editions Les Monédières et je le recommande à tous ceux qui s'intéressent aux parcours d'hommes: Gregorio Meseguer fut "déraciné" à cause de la guerre civile espagnole et il a fini par faire des études réussies (1er prix de calcul, pas mal pour un étranger ironise-t-il...), devenir instituteur, puis directeur d'école. Le Limousin compte d'ailleurs beaucoup d'anciens "déracinés" espagnols, qui participèrent parfois à la Résistance contre les nazis. Je me souviens de ceux que mes parents fréquentaient dans les années 60/70, à Limoges.
samedi 28 mars 2009
Et mon théâtre, c'est du poulet ?! A Nexon le 11 avril 2009
La cie Untel et Celui-là
présente
Et mon théâtre, c'est du poulet ?!
une jolie conférence illustrée de Valdeck Fulminar
auteur drôlamatique et francophone par sa sœur
Samedi 11 avril 2009
20h30
Salle Georges-Méliès
à Nexon
Comédie burlesque et grand public, Et mon théâtre, c'est du poulet ?! est centrée autour du personnage de Valdeck Fulminar, obscur auteur tchécoslovaque super-mégalomaniaque et nostalgique du stalinisme, venu répandre sa bonne parole sur le thème de l'humour dans le théâtre contemporain.
Au chapitre : comment faire rire avec les déficiences cardio-pulmonaires ; le calembour sous l'Occupation ; la tragédie classique adaptée pour les 3-7 ans, etc.
Tout au long du spectacle, son propos est illustré d'extraits de son « œuvre » interprétés par ses propres comédiens, tous plus lamentables les uns que les autres et qu'il se fait évidemment un plaisir de tyranniser...
« Un spectacle déjanté (...) L'équipe ne se prend pas au sérieux et cette œuvre singulière évoque quelques aspects des coulisses du vrai théâtre, d'un vrai conférencier et du travail des comédiens avec leur metteur en scène. » - L'Écho
« Personnage aux mœurs dissolues et à la démagogie rampante, Valdeck Fulminar a été modelé sur l'absurde, très inspiré du réel. Sa vie, son œuvre, sont construites sur le thème de la dérision et du politiquement incorrect. » - Le Populaire du Centre
« C'est réussi, jouissif, transgressif et tant mieux. C'est irrévérencieux, insolent, enfantin et sans cesse intelligent, à la fois à fond dedans, à la fois à fond dans le regard amusé qui perce les ballons de baudruche, et le plaisir à avoir concocté cette immense farce, qui est à la fois l'endroit et l'envers de notre monde, à la fois notre grenier à soupirs et aussi et surtout le miroir de l'absurdité qui nous porte et nous emporte "à survivre" dans un rire à la fois lucide, hébété et salvateur ! » - Mauricette Touyeras
Une comédie bien frappée de Franck Villemaud.
Avec Karine Boyer, Deni, Olivier Denoual, Jérôme Laguzet, Eloïse Naudin et Franck Villemaud
Mise en scène : Géraldine Ponsolle & compagnie
Lumières : Fernando Lopes-Fadigas & Nathalie Giraudon
Son : Patrice Roques
Tout public à partir de 8 ans.
Oradour, mars 2009
Comme chaque année, je vais en ce mois de mars à Oradour-sur-Glane; comme toujours depuis l'enfance - lorsque nous y allions accomplir le pèlerinage familial -, l'émotion me gagne, bien que les lieux me soient très familiers. Dans la cour de l'école des filles; dans l'église où périrent femmes et enfants. Symbole perpétuel de la barbarie humaine, d'hier et d'aujourd'hui. Partout où meurent des enfants innocents, en Afrique, à Gaza... c'est l'humanité que l'on assassine. En janvier 2007, alors que j'exposais mes photographies d'Oradour au Palais du Luxembourg, j'appris à Paris que mon deuxième fils venait d'être conçu... j'ai pensé à tout cela, hier, à Oradour.
Photos prises à Oradour le 27 mars 2009
















