samedi 28 février 2009
Une citation de Guy Debord
Toute ma vie, je n'ai vu que des temps troublés, d'extrêmes déchirements dans la société et d'immenses destructions ; j'ai pris part à ces troubles.
vendredi 27 février 2009
Un extrait d'entretien de Wild Shores dans Art Tek
Votre dernière performance, La Calobra, créée le 22 mai dernier au théâtre Expression de Limoges respecte votre approche scénique et technologique coutumière grâce à l'espace de diffusion optophonique en fonctionnement, mais se veut aussi poétique, voire philosophique, à travers la collaboration sur ce projet avec l'écrivain Laurent Burdelas et la poète Marie-Noëlle Agniau. Comment s'est articulé le travail autour de ce projet spécifique ?
À la lecture du texte proposé par Marie-Noëlle Agniau et Laurent Bourdelas, La Calobra, dont le titre à lui seul apporte une dimension vibratoire particulière, la charge des mots et le style littéraire ont enclenché des approches génératives et révélé des fréquences induites qu'il nous a simplement fallu autoriser.
Bfm de Limoges, 7 mars, 18h30, entrée libre: à ne pas manquer!
Alain Bashung - La Nuit je mens
L'un de mes (auto)portraits... (!)
Laurent Bourdelas recommande La Bretagne de Bernard Merdrignac
Bernard Merdrignac, professeur d'histoire médiévale à Rennes, signe ici un livre clair pouvant à la fois captiver le grand public et ceux qui s'intéressent plus précisément à l'histoire. A noter une très belle iconographie. Bien entendu, ceux qui veulent en savoir plus liront l'Histoire de la Bretagne de Joël Cornette parue au Seuil.
Une spécialiste du plagiat analyse un roman de Michel Courcelaud
"Voilà un drôle de roman, pas drôle du tout, Les Mariés de Verdun de Michel Courcelaud (2007, Ed. Lucien Souny), qui reprend de terribles lettres de Poilus qu'on a la chance de pouvoir lire dans la belle anthologie de J.P. Guéno et Y. Laplume sous le titre Paroles de Poilus (Radio France 1998, Librio). Mais comment peut-on relire ces lettres noyées dans un roman à l'eau de rose, sans s'inquiéter de ce qu'en auraient pensé les défunts Poilus ? Pourvu seulement qu'ils ne se retournent pas dans leur tombe ! Voilà, pour qui en aurait le temps, une piste de reflexion sur le droit moral (droit au respect de l'oeuvre). Donc, lisez plutôt les lettres des Poilus dans leur version originale chez Librio..."
Hélène Maurel-Indart, Université de Tours
jeudi 26 février 2009
Au Château Bellevue, à Cazaubon (Gers)
"L'écriture est la seule forme parfaite du temps."
J.M.G. Le Clézio, Le Livre des fuites, Gallimard, 1989.
Au Château Bellevue, dans le Gers
Nous sommes en février, il fait beau et doux, des vignerons apprêtent un peu partout les ceps qui produiront bientôt la bonne vigne pour le raisin d’armagnac. Sur les vallons ensoleillés, les façades blanches des maisons de maître ponctuent les chemins de Compostelle. Je suis en Gascogne, au pays de Charles de Batz, dit d’Artagnan, je suis au pays des bretteurs, et prêt à boire comme eux les bons vins de Madiran. A Cazaubon, petit village non loin de Barbotan où les thermes attirent et soignent depuis l’Antiquité romaine, je passe près des arènes assoupies et silencieuses pour rejoindre une vieille et belle demeure nobiliaire édifiée par quelque gentilhomme de la Restauration ou de la Monarchie de juillet – Maison familiale, me dit-on, d’un officier qui tint sans doute ici son rôle de notable et planta son parc de résineux vénérables. Un ancien émigré, peut-être, revenu sur le tard, fondant sa famille et se souvenant ici de batailles peut-être perdues. C’est ici plus Balzac que Dumas. La tranquillité, la sérénité après les longs voyages. Aujourd’hui, le Château Bellevue a perdu de sa rigueur militaire, puisque trois femmes – la mère et les deux filles – de la famille Consolaro président à sa destinée. Leur nom même, venu sans doute d’au-delà des Pyrénées, me les font apparaître comme des consolantes prêtes à faire oublier ici toutes les douleurs du monde : l’une des filles, Emilie, par la douceur brune de son regard, et l’autre, Charlotte, grâce aux plats merveilleux qu’elle prépare en cuisine.
De quoi est-il ici question ? Du luxe, du calme et de la volupté rêvés par Charles Baudelaire. Je délaisse la piscine pour me promener dans le parc jauni et rosi du soleil couchant, écoutant les oiseaux du soir. J’ai posé ma valise dans la chambre au lit à baldaquin, arpenté des couloirs où la lumière est exactement celle de La Recherche – je me souviens ici, à l’instant même où j’entrevois des jaunes entremêlés aux bleus se refléter sur le mur et le plancher de bois, de cette phrase de Proust dans A l’ombre des jeunes filles en fleur : «La durée moyenne de la vie est beaucoup plus grande pour les souvenirs des sensations poétiques que pour ceux des souffrances du coeur.»
Je descends vers la salle à manger, où m’accueille le sommelier, Thomas Brochard, qui accompagne avec sympathie, précision et discrétion mon dîner. La carte regorge de découvertes gourmandes, mais comme le poète Philippe Soupault affirmait que « Choisir, c’est vieillir », je me laisse guider à travers un menu « découverte » et m’aperçois que les talents d’Emilie sont grands. La fleur d’hibiscus jadis louée par Maurice Genevoix sert ici à agrémenter le délicieux foie gras de canard poché au Floc de Gascogne ; le filet de canette simplement roustillé – c’est ainsi que l’on dit ici depuis 1789 –, accompagné de pulpe de céleri et de radis glacés, arrosé par un vin des côtes de Gascogne (« Les Marcottes » du Domaine de Pellehaut), laisse entrevoir les portes d’un petit paradis ; enfin, le délicat financier aux pruneaux et jeune Armagnac rappelle que l’Agenais n’est pas si loin. Il est alors temps de savourer un Bas-Armagnac 1981 du Domaine de Couilleron, de Pierre Manuel. La félicité tient à toutes ces choses bonnes et simples, mais finement préparées, mariées en cuisine par une ingénieuse alchimie. Oui, la consolation est bien là aussi, qui nous fait oublier à cette table tous les malheurs du monde, le temps d’un instant qui ressemble à l’éternité.
Après une nuit de gentilhomme provincial, je me réjouis des brioches, des croissants, des tartines à la marmelade et au miel, et – en bon limousin – je retourne ma tasse pour voir qu’elle vient de Limoges. Un détail qui n’en est pas un... Mais, déjà, il faut repartir sur les routes. Je reviendrai, c’est promis, peut-être pour achever ici cette année et m’y débarrasser de ses ennuis.
lundi 23 février 2009
Paul Eluard et Man Ray chez Folio Gallimard: superbes "Mains libres"!
Autour de Laurent Bourdelas le 7 mars à la Bfm de Limoges
(Olivier Peirat à la vielle et Bernat Combi au chant)
A l'occasion du Printemps des Poètes, deux spectacles gratuits seront proposés par L'Indicible frontière à la Bfm de Limoges, le 7 mars prochain. Lors de leur création en 2008, au théâtre Expression 7 et à Bellac, ils avaient fait l'unanimité du public et de la presse présents.
A 18h30, le collectif electro Wiold Shores propose une « création optophonique », projection sonore à partir du recueil “La Calobra”, inspiré par Majorque. (45 mn).
A 20h30, l’écrivain Laurent Bourdelas, le comédien Hubert Lartigue et les chanteurs et musiciens occitans Combi et Peirat, proposent une lecture musicale des « Chroniques d’Aubos » - un texte et de la musique très « blues granitique ».
samedi 21 février 2009
L'anamour de Gainsbourg
L'anamour de Gainsbourg - Rien de mieux...
Les Eléments à Villefavard
Ensemble baroque de Limoges
Dimanche 1er mars 2009, 15h – La Ferme de Villefavard
Les Eléments
airs pour soprano et musiques instrumentales de Caldara, Rameau, Marais, Werner, Jean-Féry Rebel…
Christophe Coin illustre par ce concert, la direction musicologique qu'il a toujours souhaitée pour son orchestre : recherche de partitions et de compositeurs oubliés alliés à un instrumentarium rare.
Grâce à la finesse et l'intelligence musicale du directeur artistique de l'Ensemble Baroque de Limoges, le public peut être sûr de la qualité de ce concert d'où nous ressortirons inévitablement… décoiffés.
L’eau, l’air, la terre, le feu, les quatre éléments sont à la naissance du monde dans la tradition antique ; ils sont donc une source d’inspiration inépuisable pour tous les artistes du baroque.
Du Tourbillon du Quatrième Livre pour viole de gambe de Marais au Tremblement de terre de Werner dans son Agenda musical, les compositeurs ont eu à cœur de les déchaîner non seulement pour leur attrait pittoresque mais également pour leur valeur symbolique. L’exemple le plus célèbre est celui de Rebel qui leur consacre une simphonie dont l’ouverture s’intitule le Cahos.
De ce chaos où les quatre éléments se battent pour avoir la mainmise sur le monde, naît l'ordre dans lequel chacun trouve sa place. Parmi eux, l'air, élément musical par excellence est pour nous l'occasion d'entendre les airs pour soprano à travers ses messagers : les oiseaux.
L’orgue de barbarie s’invite à l’orchestration baroque, bouleverse les élémens de Rebel et intercale de courtes pièces contemporaines qui marient au baroque la musique contemporaine.
Maria-Cristina Kiehr, soprano
Maria Tecla Andreotti, Catherine Flambard, flûtes
Andrès Gabetta, Maï Ngo, violons
Christophe Coin, viole de gambe et violoncelle
François Guerrier, clavecin
Richard Myron, violone
Pierre Charial, orgue de barbarie
EN PLUS
Résidence régulière de l'orchestre à La Borie depuis 10 ans.
Tournée du même programme : concerts en 2008 et le 4 mars 2009, Bruxelles/Belgique.








