Le blog/work in progress de l'écrivain Laurent Bourdelas

Le blog de l'écri(vain), critique radio et créateur images/sons. Archives Bourdelas/Vinoy, archives culturelles. Tendances sur RCF Email Limousin, le mercredi (et samedi) à 11h30: 99.6 FM Limoges, 107.4 Bellac, 100.2 St Yrieix, 95.8 FM Gueret, 88 Aubusson.

dimanche 30 novembre 2008

Gay-Lussac/Pradinas, suite

Depuis la mise en ligne sur ce blog de la lettre-pétition des professeurs du Lycée Gay-Lussac de Limoges à propos de la programmation du CDN L'Union et de la réponse de son directeur Pierre Pradinas, ceux qui n'avaient pas réagi le font: un article est paru dans le quotidien Le Populaire et l'information a été mise en ligne par mon camarade blogueur Tristan Bromet... Comme quoi...

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vendredi 28 novembre 2008

Paul Chiributa quitte la direction de l'Académie théâtrale de l'Union (Limousin)

Depuis le 1er janvier 2008, L’Académie était devenue une entité autonome qui
a pris la forme d’une association. Celle-ci est présidée par Patrick Le Mauff,
metteur en scène et comédien, elle est dirigée par Pierre Pradinas, et reste
ainsi très étroitement liée au Théâtre de l’Union. L’Académie a développé
un partenariat avec l’Université de Limoges, les comédiens ont maintenant
un statut d’étudiants. Ils préparent parallèlement un Diplôme Universitaire
(Licence délivrée par l’UFR de Lettres et Sciences Humaines) et un Diplôme
National Supérieur Professionnel de Comédien.
L’Académie vient de rejoindre la plate-forme des écoles nationales supérieures
de théâtre en France. Créée par Silviu Purcarete et Paul Chiributa (responsable
des études), il y a dix ans, L’Académie a réussi à faire évoluer son projet tout en
restant un centre de formation de haut niveau.

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jeudi 27 novembre 2008

Votre intérêt pour Marcelle Delpastre

J'ai chaud au coeur: aujourd'hui, la fréquentation de ce blog a brusquement augmenté, car des gens ont tapé sur leur moteur de recherche: "Marcelle Delpastre"... J'imagine qu'ils venaient d'écouter l'émission de France Culture qui lui était consacrée. Or, ce blog parle régulièrement d'elle depuis sa création. Là où elle est, "la" Marcelle doit être bien contente que l'on pense un peu à elle! Il faut lire son oeuvre, éditée par Jan dau Melhau. Demandez ses livres à vos libraires, à vos bibliothèques!

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En 2008, au Mont Gargan, des lectures, un partage (dans l'intimité!), à l'occasion

du 10ème anniversaire de la mort de Marcelle Delpastre...

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Nexon, épicentre

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mercredi 26 novembre 2008

Laurent Bourdelas recommande le film "Hunger"

A 38 ans, le Britannique Steve McQueen est une étoile de l'art contemporain, qui a toujours utilisé la pellicule ou la vidéo comme support et dont les oeuvres ont été montrées dans les galeries et les musées. Son premier long métrage de cinéma, Hunger, est présenté en ouverture de la section Un certain regard. Le film retrace la grève de la faim entreprise par les prisonniers républicains irlandais de la prison de Maze en 1981 et l'agonie de Bobby Sands, le premier d'entre eux à mourir. Produit, entre autres, par Channel Four, Hunger met en scène les détails du conflit qui opposa les détenus, qui exigeaient le statut de prisonniers politiques, au gouvernement conservateur de Margaret Thatcher.

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Laurent Bourdelas recommande une enfance bretonne (2000)

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Disparition de Jean Markale

J'apprends le décés de l'écrivain Jacques Bertrand, plus connu sous son nom de plume de Jean Markale, dimanche à l'hôpital d'Auray. Il rejoint l'écrivain Charles Le Quintrec, mort il y a quelques jours. A suivre sur ce blog, sans doute...

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mardi 25 novembre 2008

Vernissage de l'exposition "Le Miroir de la Grande Guerre" au collège Maupassant (Limoges)

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L.Bourdelas, professeur d'histoire; M. A. Degandt, principal; Mme Boisseau, donatrice; Mme Balanche, conseillère municipale,

M. Ramond, professeur d'histoire; C. Rigout, documentaliste; S. Ktorza, délégué des élèves.

    Mardi 25 novembre en fin d'après-midi, le C.D.I. du Collège Maupassant de Limoges, animé par Mme Rigout, accueillait le vernissage de l'exposition "Le Miroir de la Grande Guerre", organisée suite au don à l'établissement par des parents d'élèves de très nombreux exemplaires en parfait état de l'hebdomadaire "Le Miroir" datés de 1914 à 1918. Une 1ère mise en forme a été réalisée par M. Bourdelas, professeur d'histoire, qui a rédigé quelques notices historiques en complément et l'exposition a déjà été visitée par de nombreux élèves. En novembre 2009, elle sera présentée au Rectorat de Limoges, accompagnée par des travaux des élèves sur les représentations qu'ils peuvent avoir des conflits du 20ème siècle. Remerciant les donateurs, M. Degandt, principal du collège, a souligné combien "Le Miroir", comme son nom l'indique, était un témoin des représentations de l'époque et comment il pouvait "mettre en scène" le conflit. M. Bourdelas a quant à lui souligné la "modernité" de cette parution faisant très largement appel à la photographie et au sensationnel. "Ce qui fait toute la richesse de cette publication, c’est la photographie de presse, qui devient un véritable élément de l’information, ne se contentant plus de simplement illustrer les textes. Dès le 9 août 1914, le journal promet : « Le Miroir paie n’importe quel prix les documents photographiques relatifs à la guerre, présentant un intérêt particulier. » En page 3 de presque tous les numéros, l’hebdomadaire précise le montant des prix attribués ; ainsi dans celui du 30 septembre 1917 : « Tous les mois, nous attribuons trois prix aux meilleures photos de guerre : 1000 francs, 500 francs, 250 francs ; A la fin des hostilités, nous décernerons des prix importants dont un de 30 000 francs ; Rappelons qu’au 31 décembre 1916, nous avions déjà attribué (...) 50 000 francs de prix. » (ce qui représente, à l’époque, environ 45 années de salaire d’un mineur !). Très vite, les clichés affluent, réalisés par de petits appareils comme le Vest-Pocket, même s’il était interdit de prendre des images du front. Il est évident que ces images, publiées anonymement, ont pourtant souvent été prises par des combattants, sans doute même des officiers. Les soldats deviennent des journalistes d’images pour Le Miroir." Cette manifestation intervenait après l'intervention au collège, devant des classes de 3ème, de M. Stéphane Capot, archiviste, co-auteur de Limousin 14-18 paru il y a peu chez les Ardents Editeurs. Un buffet clôturait cette cérémonie conviviale.

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Laurent Bourdelas reçoit Elsa Montaudon, relieuse d'art à Limoges

sur RCF, mercredi 26 novembre à 11h 30 en direct (redif. samedi à 11h30)

sur Limoges 99.6

A écouter dans le monde entier sur http://www.rcf.fr

(en cliquant sur Limoges - léger différé - sur la carte)

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lundi 24 novembre 2008

Polémique à propos du CDNL L'Union (direction: Pierre Pradinas)

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Cette lettre, signée par tous les professeurs de lettres du prestigieux établissement de Limoges, commence à circuler. Elle a été adressée au directeur du CDN, Pierre Pradinas, dont nous publions ci-dessous la réponse argumentée, à Mme la conseillère municipale chargée de la culture, à M. le conseiller théâtre de la DRAC du Limousin, aux rédactions du Populaire et de l'Echo, qui n'ont pas donné suite. D'autres réactions, diverses, sont annoncées sur notre blog, qui confirme ainsi, et nous nous en réjouissons, sa fonction de lieu d'information et de débat, ce qui est le rôle d'un media indépendant. Nous rejoignons Pierre Pradinas lorsqu'il estime qu'un entretien aurait pu avoir lieu et, sans entrer pour l'instant dans la polémique, nous le rejoignons sur le post scriptum...  J'ai également proposé à Pierre Pradinas et à ses contempteurs de participer à un débat sur RCF. J'attends les réponses (moi aussi).

La réponse de Pierre Pradinas:

Mesdames, Messieurs,

J’ai bien reçu il y a quelques temps un courrier de votre part, qui met mon travail en question, et celui de l’équipe qui m’entoure. D’abord, je me réjouis que le théâtre de l’Union ait pu être, fût-ce pour quelques heures, au centre de vos préoccupations, dans une période de rentrée qui doit être bien chargée. Néanmoins, il aurait été de mon point de vue préférable, et plus constructif, de débattre ensemble de tout cela lors d’un entretien. Nous n’avons pas trace au théâtre d’une demande de rendez-vous de votre part. Je souhaite donc vous apporter quelques éléments de réponse.

Tout d’abord, il me paraît important de vous rappeler qu’un directeur de CDN (Centre Dramatique National) est nommé sur un projet artistique, et que son cahier des charges lui impose d’ouvrir très largement la programmation à des esthétiques différentes. Pour moi, cela a été jusqu’à présent un souci permanent de proposer au public un programme éclectique, et d’inviter au théâtre de l’Union des oeuvres de référence nationale, voire internationale. Je n’ai jamais – loin s’en faut – écarté les pièces classiques, mais je vous rappelle également qu’un CDN se doit avant tout d’être le foyer de la création contemporaine (auteurs et metteurs en scène contemporains), et d’être le creuset du patrimoine culturel de demain. Je comprends la déstabilisation que certains peuvent ressentir face à la nouveauté de la création et la tentation parfois grande qui peut les pousser à se raccrocher désespérément à ce qui est déjà connu. Qui dit création implique aussi de la part d’un directeur l’acceptation de n’être pas en adéquation totale avec ce que notre public est habitué à voir. Ce n’est certes pas une position évidente mais nous prétendons avoir le courage d’assumer la mission qui est confiée aux Centres Dramatiques Nationaux de former les publics et d’inciter nos spectateurs à découvrir.

Cela dit, votre lettre comporte un certain nombre d’assertions plus que discutables, pour ne pas dire carrément fantaisistes. La programmation du théâtre serait d’après vous « dépourvue de toute cohérence », et, dites-vous, « sans aucun grand auteur dramatique ». C’est vite écrit. « Aucune grande oeuvre, ni moderne… », dites-vous, « …ni classique, ni française, ni étrangère… ».

Commençons par les auteurs modernes, parmi lesquels vous avez (quand même) reconnu Valletti : Georges Perec, en revanche, ne semble pas rassembler vos suffrages. Son théâtre complet vaut pourtant le détour, et c’est une erreur de ne pas le considérer à l’égal de Valletti.

Eugène Durif est un des auteurs les plus réputés dans notre pays, et son talent n’est plus à démontrer. Votre zèle et votre vigilance ont dû vous imposer de faire entrer les ouvrages de l’un et de l’autre dans la bibliothèque théâtrale sûrement très bien fournie du lycée Gay-Lussac. De grâce, relisez-les, et rendez nous justice : notre programmation n’est pas « sans aucun grand auteur dramatique ». Si pour ce qui est du contemporain, vous nous trouvez timorés, découvrez encore Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre. Cet auteur, dont l’oeuvre (éditée) n’est sans doute pas encore arrivée sur votre table de nuit, est considéré en France comme un jeune dramaturge de très grand talent.

Pour ce qui est du répertoire classique, vous nous concédez Feydeau. Il faut dire qu’il n’est pas des moindres écrivains (français). Avez-vous bêtement sauté la page 25 de notre plaquette ? Pourquoi ne mentionnez-vous pas Marivaux ? Ne faites-vous pas confiance aux étudiants de l’Académie pour l’interpréter ? Je vous précise qu’ils joueront sous la direction de Jacques Lassalle, dont je ne vous ferai pas l’injure de rappeler le parcours. Nous proposons le travail de Philippe Adrien sur Don Quichotte. Vous auriez pu voir ces deux dernières saisons au théâtre de l’Union des représentations de L’Avare, Tartuffe, George Dandin, Monsieur de Pourceaugnac, des adaptations de La princesse de Clèves, des Mille et Une Nuits, etc…

« …Aucune grande oeuvre de référence n’est proposée… », « aucune », écrivez-vous en caractères gras, « aucune », « ni française, ni étrangère ». Ingmar Bergman ne figure pas dans votre Top 50.  Après la répétition est sans doute une oeuvrette à votre goût. C’est sans doute en pensant à lui que vous écrivez élégamment : « …mais Monsieur Pradinas préfère les cinéastes ». Je ne les préfère pas, Mesdames et Messieurs, Bergman est un grand cinéaste, mais il est aussi – le saviez-vous ?- un grand dramaturge. Quand à Joël Pommerat, vous apprendrez j’espère un jour qu’il est une « référence »… 

Vous savez donc quels textes sont dignes d’être représentés, quels auteurs sont de grands auteurs, et ce que le public attend de nous. Mais au théâtre, il n’y a pas que les textes, il y a ceux qui les montent et ceux qui les jouent. Ceux qui les choisissent. Ceux qui s’en passent. Il y a une économie, il y a des coûts. Vous vous adressez à moi comme si je travaillais seul, comme si une équipe compétente ne m’entourait pas, comme si je n’y connaissais rien, comme si l’éducation des jeunes était le cadet de mes soucis, comme si je ne lisais ni ne pensais, comme si notre équipe ne se dépensait sans compter pour défendre un théâtre de qualité, de culture. Vous nous traitez de bien haut. Il y a eu et il y aura encore de grandes pièces du répertoire au théâtre de l’Union, mais venez donc à la découverte de ce que vous ne connaissez peut-être pas, il s’agit aussi de culture, et cela pourrait profiter à vos élèves dont avec raison vous faites grand cas. Le théâtre, s’il contribue à la formation, n’est pas le prolongement de l’école. Il n’a pas vocation à illustrer vos programmes, ni vos points de vues, il s’impose à tous, il est vivant, il est discutable, c’est une création artistique.

Nous sommes persuadés qu’en tant que professeurs de français (et pour certains, spectateurs de l’Union), vous êtes vous aussi très sensibles à cette nécessité d’ouverture des esprits, de confrontation à des formes nouvelles, et soucieux de proposer une interrogation sur le rôle de l’art…

Nous poursuivons avec mon équipe un travail entamé par d’autres depuis des décennies dans le cadre de la décentralisation théâtrale, je suis quant à moi un relais provisoire dans cette noble mission. Je n’ai pas en moi cette sorte de fierté que vous m’attribuez, ni cette désinvolture qui me porterait vers le « copinage ». Je suis désolé que vous ne partagiez pas l’enthousiasme de la reconduction de mon mandat à l’Union. Reconduction qui, faut-il le rappeler, est le fruit de la concertation du Ministère de la Culture, de la ville de Limoges et du Conseil Régional du Limousin, et qui est soumise à une inspection scrupuleuse du Ministère de la Culture, avec une évaluation du projet artistique qui semble avoir répondu aux exigences des collectivités et du public. Nous ne pouvons que déplorer votre perception de notre proposition artistique, d’autant plus que les retours de nos publics fidèles nous encouragent dans ce sens.

Mais nous comprendrons-nous vraiment, quand votre univers de références paraît bien éloigné du nôtre. Raymond Domenech semble vous être plus familier que Guy Debord, et comme professeurs de lettres, vous auriez pu trouver pour me blesser comparaison plus à la hauteur des exigences qui semblent être les vôtres. Mais comme dit le dicton, les cordonniers ne sont pas toujours les mieux chaussés.

le 21 Octobre 2008

P.S. Vous êtes injustes envers l’Opéra-Théâtre, et les Centres Culturels, qui programment régulièrement d’excellents spectacles.

L'avis d'un autre enseignant:

Tous les profs de lettres ne s'associent pas à la démarche des collègues de Gay Lussac.La programmation de l'Union est variée et de qualité. Si elle fait place à la création et aux auteurs contemporains, nous ne pouvons que nous en réjouir.Bien sûr le débat est nécessaire et le fait que les spectacles proposés ne fassent pas l'unanimité est le garant de la bonne santé du spectacle vivant.Quant aux polémiques sur les personnes, elle sont stériles.

Continuez, nous irons voir créations, reprises et spectacles divers, et avec des élèves quand c'est possible.

Alain Barreau. Professeur de Lettres. Lycée Raoul Dautry.Limoges

Posté par Lesquelen à 20:36 - Théâtre - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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