Le blog/work in progress de l'écrivain Laurent Bourdelas

Le blog de l'écri(vain), critique radio et photographe. Archives familiales Bourdelas/Vinoy, archives culturelles. La pulsion scopique freudienne en marche! Contact: cliquez sur la photo à gauche! En ce moment: rythme d'été!

31 décembre 2007

Combi et Peirat en concert à Limoges

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Granit blues

Eschantits de Combi et Peirat à Expression 7 (Limoges) :

deux heures d’intense plaisir

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Que grâces soient rendues à l’Institut d’Etudes Occitanes du Limousin, qui coproduit ce spectacle, à Max Eyrolle qui l’accueille dans son théâtre, et aux mémés qui ont nourri l’imaginaire des artistes, de nous avoir permis d’assister à ce spectacle qui s’est transformé en un intense moment de plaisir à tel point que l’on ne voulait plus qu’il s’arrête ! J’aimais déjà le travail de Combi et de Peirat avant cette soirée du 30 décembre 2007, et j’écoute souvent cet album, Eschantits, que je vous recommande d’acquérir au plus vite ; je passe toujours en boucle leur version d’Escotas, très beau poème du grand poète limousin Paul-Louis Grenier à propos du temps qui passe , découverte en illustration de Lucette Boyer pure Aubrac, texte et mise en scène de Max Eyrolle. Mais là, j’ai compris ce que signifiait l’expression « spectacle vivant » ! J’ai retrouvé (enfin) une culture limousine vivante car servie par une énergie folle et ouverte aux grands vents des influences extérieures sans en être dénaturée mais, au contraire, enrichie. Un peu comme Alan Stivell ou Denez Prigent et bien d’autres l’ont fait depuis les années 70 en Bretagne. Combi sur scène, c’est du brut, du rock, du blues ! De l’occitan et de l’onomatopée ! Du granitique qui emporte le spectateur vers d’autres univers, si agréablement éloignés des conformismes actuels et de la soupe servie par les radios et télévisions. C’est une puissance poétique et musicale incontestable, qui fait parfois songer à Bernard Lubat ou même à des bluesmen africains comme Momo Wandel Soumah ; quant à Peirat, héritier des troubadours, c’est un virtuose modeste qui nous emporte magiquement dans des univers oscillant entre traditionnels limousin, oriental et africains, toutefois teintés de moments jazzy ou même electro. Percussions diverses, petit accordéon, claviers, vielle, luth, harmonium indien, tous instruments beaux à contempler et participant du spectacle, sont utilisés par les deux artistes au maximum de leurs possibilités musicales et sonores et emportent aux confins des mondes connus. Le rêve est là et peuvent alors venir les signes, ceux qu’avait déjà vus Paul-Louis Grenier : « Dehors le firmament fait des signes (…) Les livres, ouverts comme un remords/dans une âme de pierre,/sont blottis sous une poussière/où s’est promené le doigt du Destin. » Des signes si forts que leur lyrisme habite tout entier Combi qui les chante et les fait vivre. Retour au merveilleux, au séculaire, à notre civilisation. Celle-ci demeurée vivante aussi grâce à un autre écrivain-poète-conteur-musicien qui a incontestablement marqué Combi de son influence : Jan dau Melhau, dans les œuvres desquelles le chanteur-comédien puise en abondance pour nourrir le spectacle ; se déversent alors dans la salle les poèmes, les histoires, les gnorles qui, tout à la fois, amusent et font réfléchir dans leur fulgurance. Mais, s’il vous plait, Combi, arrêtez de dire qu’il n’y a que deux poètes limousins (et en Limousin), les gens non avertis pourraient le croire et Delpastre se retourner dans sa tombe ! Le temps est suspendu à quelques beaux accords, à des gestes, des pas de danse esquissés, à une corne collée contre un front, à une voix dont les inflexions semblent infinies, à des histoires de puce et de pou, des chansons de tronçonneuses dangereuses, au mariage d’un coucou et d’une hirondelle, à la vie de pauvres drôles, à une langue de paysans jamais vraiment convertis au christianisme, entre travail de la terre et volonté de gober la lune… Et justement, je repense à une saillie de Jan dau Melhau, dans ses Obras completas (qui ne l’étaient pas vraiment lorsqu’elles parurent en 1994 !) : « Ce que nous ne saurons jamais : lorsque tremble la terre, si c’est de froid, de peur ou de rire ? » - Combi et Peirat, ils sont bien capables de la faire trembler des trois, et nous avec !

Laurent Bourdelas

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30 décembre 2007

Découvrez le site d'Angoisse

Des photographies de Laurent Bourdelas

& des textes de

Marie-Noëlle Agniau

Marie-Clotilde Roose

Didier Ayres

Alain Lacouchie

Gabriel Okoundji

Jean-Pierre Thuillat

Pascal Fauvel

Laurent Bourdelas

Josep M.Sala-Valldaura

Michel Lulek

en cliquant sur le lien ci-contre à gauche

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29 décembre 2007

Promenade à Cazoulès, en Dordogne, dans la douceur

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28 décembre 2007

Un chef-d'oeuvre: L'Obélisque noir, d'E.M. Remarque

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Critique à suivre dans les prochains jours...

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Pierre Bergounioux sera l'invité de Laurent Bourdelas sur RCF le 9 janvier à 11h30

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(Eté 2006: à la Folie les Mots)

Un entretien consacré au CARNET DE NOTES 1991-2000 paru chez Verdier

(pour obtenir la fréquence proche de chez vous ou écouter l'émission en direct sur internet: rcf.fr)

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27 décembre 2007

Moody Blues • Nights in White Satin (Mon mai 68)

Moody Blues • Nights in White Satin
Vidéo envoyée par gippo

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Le nouveau recueil de Laurent Bourdelas est paru chez Encres vives

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25 décembre 2007

Noël dans le chant des oiseaux

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Au plus fort de l'orage, il y a toujours un oiseau pour nous rassurer. C'est l'oiseau inconnu. Il chante avant de s'envoler.

René Char, Rougeur des matinaux

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23 décembre 2007

Joyeux Noël aux nombreux visiteurs de ce blog! Et à bientôt...

Nativité Fra Angelico, 1440-41 Fresque, 193 x 164 cm Convento di San Marco, Florence

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Julien Gracq est mort

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Le plus grand écrivain français encore vivant est mort hier. Julien Gracq, c'est-à-dire Louis Poirier: né le 27 juillet 1910 à St Florent-le-Vieil sur les bords de la Loire, entre Nantes et Angers, commune dans laquelle il vivait encore, très éloigné des cercles littéraires et des parades mondaines du cirque qu'est devenu le monde de l'édition.
     Le pensionnat marque l’enfance de Julien Gracq. Il fréquente d’abord un lycée de Nantes, le célèbre lycée Henri IV à Paris puis l’École Normale Supérieure et l’École libre des Sciences Politiques. Agrégé d’histoire, Julien Gracq débute sa double activité en 1937. D’une part il entreprend son premier livre, Au château d’Argol, et de l’autre, il commence à enseigner, successivement aux lycées de Quimper, Nantes, Amiens, et se stabilise au lycée Claude-Bernard à Paris à partir de 1947, jusqu’à sa retraite en 1970. Signalons qu’il sera professeur sous son vrai nom, Louis Poirier, et écrivain sous le nom plus connu de Julien Gracq, qui construit continûment, après ce premier ouvrage, une œuvre de romancier, de poète, de nouvelliste, de dramaturge et d’essayiste. Ainsi seront publiés, toujours chez le même éditeur, José Corti, dix-huit livres.

José Corti par lui même (sur le site des éditions)

Nous préparant à notre première année de Lettres Supérieures, hypokhâgne, au Lycée Gay-Lussac de Limoges, nous étions allés, la blonde Pascale et moi, acheter nos exemplaires du Rivage des Syrtes, qui était au programme, chez José Corti lui-même, face au Jardin du Luxembourg.

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J'ai pensé à ce moment particulier en janvier 2007, lorsqu'avec Marie-Noëlle, nous passâmes devant la librairie, juste avant le vernissage de mon exposition au Palais du Luxembourg. Il faisait sombre et nous ne savions pas encore qu'elle portait déjà notre second fils...

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Mais au tout début des années 80, seule la littérature comptait pour moi, et la poésie, ou presque... Je revois José Corti envelopper lui-même les deux livres dans du papier épais et translucide et nous demander ce que nous voulions faire de nos études et, peut-être, de nos vies. "Ecrire" est peut-être ce que pensa chacun de nous en lui-même... Ce ne fut vrai que pour moi. Peu de temps après, nous allions fonder la revue de poésie Friches avec Jean-Pierre Thuillat et Pascale choisirait comme pseudonyme: Vezzano, un lieu issu du Rivage des Syrtes.

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Depuis, le temps a passé, une vie ou plusieurs, je ne sais pas. La Littérature est demeuré plus que jamais à l'estomac, pour beaucoup. L'édition s'est perdue dans le clinquant, la communication, l'argent, le mépris du lecteur; elle s'est alourdie d'une administration. C'est la littérature bling-bling, à l'image d'un Président de la République préférant Disneyland à la Princesse de Clèves. Julien Gracq ne tergiversait pas: ni en littérature, ni dans la vie; c'était un Grand. Le dernier, sans doute.

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